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Edito : Budget 2018, un budget de Droite ?

Un budget est censé être un outil éminemment politique car il dévoile les orientations du gouvernement et le cap qui sera suivi. Contrairement à leurs prédécesseurs socialistes, les macroniens présentent un budget qui tente d’être sincère sur les hypothèses macro-économiques. En d’autres termes, les recettes anticipées ne sont pas artificiellement gonflées en avançant un taux de croissance surévalué. C’est déjà un projet. L’Extrême-Gauche, elle, y a vu « un budget pour les Riches », donc un budget dangereusement droitier.

Peut-on pour autant dire que c’est un budget « de droite »? Non : comme les budgets qui l’ont précédé, ce budget est surtout établi pour respecter les sacro-saints critères de Maastricht, c’est à dire obsédé par la rigueur budgétaire. Il promet donc d’amples réductions de dépenses, notamment sur les budgets des administrations publiques locales. Ces dernières sont invitées à réaliser des baisses de dépenses en volume d’une ampleur inégalée depuis trente ans. Voilà qui va influer négativement sur le maintien des services publics communaux et de l’investissement public des communes. En territoire rural, nous aurons la double peine car Emmanuel Macron n’a pas pris en compte nos spécificités. Par exemple, en renforçant la taxation du foncier non-bâti (le double du taux normal) et en l’incluant dans l’IFI (l’impot qui remplace l’ISF) le gouvernement encourage l’artificialisation des terres et donc n’aide ni l’agriculture, ni l’environnement. La qualité de vie des ruraux va d’ailleurs plus généralement se dégrader, lorsque l’on sait que le coût des transports va bondir pour ceux qui ont le malheur de rouler au gazole, et que la hausse de la CSG frappera de plein fouet les retraités et les chômeurs, plus nombreux dans les territoires périphériques que dans les grands centres urbains, sans réelle compensation.

Macron avalise également une politique anti-propriétaires en multipliant les mesures défavorables aux possédants : maintien de la taxe d’habitation, maintien de l’ISF sur l’immobilier, suppression du PTZ en milieu rural, etc… Ce n’est pas une politique de Droite car nous croyons qu’il faut au contraire aider l’accession à la propriété. Je n’ai pas oublié le vieux rêve d’une partie de la Gauche de supprimer la taxe foncière pour la remplacer par une taxation des propriétaires sur la base d’un « revenu locatif théorique »

De la même manière, Macron mène une fausse politique de justice fiscale. Le gouvernement a critiqué la TH et l’ISF mais il a maintenu ces deux impôts stupide et/ou injuste pour une fraction de la population, ce qui est incohérent. Les classes aisées ont aussi le droit à des impôts intelligents. Au passage, si on estime que l’ISF fait fuir les riches, alors il faut en tirer les conséquences et le supprimer totalement. Le jugement de Salomon fiscal sur l’ISF n’est qu’un nouvel avatar du « en même temps ».

Enfin, dernière critique : la hausse de la CSG compensée par des baisses de cotisations sociales, vient étatiser un peu plus la sécurité sociale, et donc rendre la situation encore plus injuste pour ceux qui cotisent et n’ont toujours pas les mêmes prestations que ceux qui ne cotisent pas. La disparition du RSI participe du même mouvement en dépossédant les indépendants de leur régime spécifique, et en les mélangeant avec les salariés. L’étape d’après ce sera peut être la MSA. Ce n’est donc pas une politique favorable à une responsabilisation du système de protection sociale.

Pour toutes ces raisons, je voterai contre ce Budget 2018.