🗣 Pourquoi j’irai manifester le 6 octobre

🗣 Pourquoi j’irai manifester le 6 octobre

🗣 Pourquoi j’irai manifester le 6 octobre

Je lis ici ou là que manifester contre la PMA serait devenu « ringard ». Qu’on ne serait pas « de son époque ». Qu’on risquerait d’être « conservateur ». 

L’extension de la PMA est présentée par la majorité comme une extension de droits généreuse, une avancée irrésistible à laquelle seuls quelques députés arriérés pourraient penser s’opposer. 

Mea culpa. C’est ce que j’ai pourtant fait jeudi 26 septembre en hémicycle, avec deux de mes parrains Valérie Boyer et Xavier Breton, et je voudrais m’en expliquer. Oui, je le confesse : j’ai voté contre l’article 1 de la loi étendant la PMA aux couples de femmes.

Je l’ai fait car en réalité, cette extension de la PMA est une brèche dans notre ordre juridique qui, sous couvert de bons sentiments, change notre rapport au corps et conduit inéluctablement vers la GPA.

La jurisprudence de la CEDH est implacable et de plus en plus intrusive. Les couples d’hommes et les hommes seuls devraient, si l’on suit la logique égalitariste actuelle, avoir à terme les mêmes droits que les couples de femmes et les femmes seules. Édouard Philippe expliquait du reste en 2013 qu’il était résolument opposé à l’extension de la PMA justement parce que celle-ci finirait par aboutir à la GPA. Rien n’a changé depuis cette époque.

Le gouvernement a donc beau répéter à cors et à cris que jamais la GPA ne sera autorisée, il ne peut donc être cru sur parole. Même sans arrêt formel de la CEDH, il existe un risque plus prosaïque de grignotage avec la politique du fait accompli : la GPA ne sera pas légalisée, comme l’immigration clandestine ou le cannabis, mais faute de sanction, ses effets seront généralisés et banalisés. Ni autorisée, ni véritablement interdite.

Par conséquent, soyons lucides. Le débat est beaucoup plus large que la seule PMA. Il porte sur la filiation. À partir du moment où le pouvoir politique, lors de la loi Taubira, s’est affranchi de la biologie pour déterminer qui est enfant de qui, le sujet de la PMA n’est qu’un parmi tant d’autres. Une fois la barrière biologique ou médicale franchie, il n’y a plus de limites objectives : tout dépend de l’appréciation du législateur de ce qui est un progrès ou un droit.

Voilà pourquoi, si les Républicains considèrent que ce sujet de la PMA/GPA est un combat majeur, il leur faudra trancher cette question assez simple : sommes-nous prêts à revenir en cas de victoire en 2022 sur la loi Taubira dans son volet filiation, sans remettre en cause le mariage des couples homosexuels ?

C’est une question clivante et politiquement sensible. C’est la question que je soumettrai au vote du Conseil National en laissant à chacun le soin de défendre son point de vue.

Cet enjeu de la filiation posé, l’extension de la PMA pose cependant des problèmes qui lui sont spécifiques, trois paradoxes.

Le premier est un paradoxe sur la place du Père, qui de « Pater Familias » est devenu « Materiau ». Depuis Françoise Dolto, le rôle du père a largement été mis en exergue en cherchant à trouver le bon équilibre qui permet à chaque parent de jouer son rôle, pour un meilleur développement de l’enfant. Nous voilà désormais en pleine contradiction, puisque nous nous apprêtons à rayer le père d’un trait de plume. Il faudra expliquer cette incohérence.

Le second problème est un paradoxe juridique. L’extension de la PMA risque d’avoir des effets délétères pour les couples stériles. Le gouvernement va en effet instaurer une concurrence entre les donneurs, puisqu’il n’y aura plus assez de gamètes pour subvenir à ces nouveaux besoins. Ouvrir des droits nouveaux en amputant de facto ceux des voisins est juridiquement malheureux.

Le troisième problème est un paradoxe écologique. On nous serine qu’il faut penser aux générations futures en matière d’environnement et de transmission d’une planète viable. L’écosystème humain, ses règles biologiques, seraient donc les seuls à ne pas faire l’objet d’un minimum de précautions avant de les perturber ? Pourquoi l’Homme serait la seule espèce à ne pas être protégée ? La génération future n’aurait aucun droit sur l’environnement familial dans lequel on veut le faire éclore ?
Soyons donc vraiment écologistes et humanistes et évitons les contradictions en défendant le climat d’une part et en détruisant l’écosystème familial d’autre part.

Voilà pourquoi j’irai manifester le 6 octobre prochain, pour ces questions de fond mais aussi pour la forme car je crois en la liberté et puisque l’on m’a expliqué qu’aller manifester serait mal vu, je viendrai avec plaisir montrer que rien ni personne ne me fera reculer : j’ose la Droite, et vous ?