Né un 30 mai

Né un 30 mai

Ce 30 mai 2015 restera une date importante dans les grandes dates qui ont fait la Droite. Ce n’est pas une date parmi d’autres. Comment oublier que notre Vème République a débuté un 30 mai ? Le 29 mai 1958, après la démission de M. Pflimlin, le général de Gaulle, pressenti officiellement par le président Coty pour former le Gouvernement, acceptait à 21h30. Le 30 mai 1958 fut donc le premier jour de l’an I du redressement de la France.

Le 30 mai 2015, nous avons changé de nom. Nous sommes les Républicains et jamais les Français n’ont autant espéré qu’on redresse leur République, abîmée par les copinages, les veuleries et les coteries méprisables des lobbys et des “réseaux”.

Pour changer la République (et non pas de République), il nous faudra d’abord nous changer nous-mêmes, en acceptant d’évoluer, un exercice plus complexe et moins cosmétique. C’est capital pour ne pas donner raison à nos détracteurs qui d’ores et déjà affirment que cette opération est un coup de pub’. Changer de nom, c’est s’interroger sur son identité, et ce que nous voulons dire au peuple de France.

Voilà ce que nous devons défendre : le sursaut de la République, menacée par le communautarisme, le repli sur soi et la perte de souveraineté populaire. Marquée par le dégoût du politique et la déception généralisée.

Ceci me rappelle un autre 30 mai, un 30 mai 1968, et l’appel d’un Charles de Gaulle qui prononçait en quelque sorte un discours en forme d’héritage politique « Eh bien ! Non ! La République n’abdiquera pas. Le peuple se ressaisira. Le progrès, l’indépendance et la paix l’emporteront avec la liberté. »

En laissant derrière nous l’UMP, et en prenant pour colonne vertébrale la défense des valeurs républicaines, nous nous donnons l’espoir d’un nouvelle étape, d’un nouveau départ. Nous nous inscrivons dans une longue lignée politique, dont nous avons à défendre l’héritage.

Je pense à ce 1er octobre 1958, qui vit la création de l’Union pour la Nouvelle République, sous le patronage de Charles de Gaulle, fondateur du régime. De cette première étape, nous avons hérité un certain sens de l’Etat. De ce baptême, nous avons hérité de la réconciliation entre la République et la Démocratie, en faisant reculer le régime des partis et l’instabilité gouvernementale.

Je pense à ce 5 décembre 1976, date de la création du RPR, le parti de Jacques Chirac, qui allait refonder notre famille politique. Jacques Chirac, élu il y a déjà 20 ans, nous a légué une fibre populaire, profondément enracinée dans nos terroirs et nos paysages, qui fait la force d’un mouvement ancré dans le pays réel.

Je pense à ce 1er février 1978, année de fondation de l’UDF, le parti de Valery Giscard d’Estaing. Valery Giscard d’Estaing a insufflé l’amour de l’Europe et la soif de la modernité, deux éléments qui comptent encore pour beaucoup dans notre ADN politique.

Je pense à ce 17 novembre 2002, où fut fondée l’UMP en réunissant enfin tous les courants de la Droite et du Centre, et pour lequel Nicolas Sarkozy aura joué un rôle décisif. Nicolas Sarkozy, c’est le courage d’oser la rupture. C’est la croyance que le politique peut et doit changer le monde.

Car c’est bien de cela dont il s’agit. Non pas d’appareils et de combinaisons, non pas de primaires ou d’ambitions personnelles, non pas de savoir si c’est Alain, Nicolas ou Gérard qui portera nos couleurs en 2017. Ou qui sera maire d’Avignon en 2020. Non, il s’agit de préparer le redressement de la République et de la Nation, et pour ma part je me mettrai loyalement au service du candidat qui remportera la primaire, sans état d’âme. Car l’heure est grave.

Le 30 mai, c’est à la fois la date de la mort de Jeanne d’Arc en 1431 et de celle de Voltaire en 1778. Comment ne pas y voir un symbole à l’heure où la première, figure fondatrice de notre Nation, est injustement accaparée par un mouvement politique qui veut notre perte, et où le second, qui symbolise l’esprit par excellence des Lumières, est effacé du roman national parce qu’il représente une période de l’Histoire que la Gauche veut désormais plonger dans les oubliettes avec sa réforme du collège ?

1 / L’Extrême-Droite qui se propose d’incarner la France prétend reconstituer le roman national en agglomérant des symboles politiques les uns aux autres. C’est comme cela qu’on se flatte d’abriter des pétainistes et des gaullistes, des libéraux et des mélenchonistes planificateurs, des libertaires et des réactionnaires. Vaste coalition.

Or, même si nous savons qu’ils sont excédés par trente années de laxisme sur le sujet migratoire, les Français ne sont pas racistes : ils attendent simplement un discours de vérité, et de la lucidité sur le défi de l’identité Française. Je suis persuadé qu’ils ne veulent pas rentrer dans des guerres ou des guéguerres avec telle ou telle confession, mais qu’ils se radicaliseront si on veut les forcer à abandonner leur culture judéo-chrétienne et leur conception de la laïcité, ferme mais bienveillante à l’égard de la foi de chacun. Les mots de Philippe Seguin lors de son fameux discours de 1992 sur l’adoption du traité de Maastricht résonnent encore dans nos coeurs : « Car la nation ce n’est pas un clan, ce n’est pas une race, ce n’est pas une tribu. La nation c’est plus fort encore que l’idée de patrie, plus fort que le patriotisme, ce noble réflexe par lequel on défend sa terre natale, son champ, ses sépultures. Car le sentiment national c’est ce par quoi on devient citoyen, ce par quoi on accède à cette dignité suprême des hommes libres qui s’appelle la citoyenneté ! »

2/ La Gauche qui se gargarisait en 1981 de passer de l’ombre à la lumière est en train de disparaître idéologiquement en abandonnant ses valeurs fondatrices. Elle est devenue sectaire, antilibérale, frileuse, et recroquevillée. C’est le crépuscule des clercs.

Dois-je rappeler les propos aux accents quasiment prophétiques de Jacques Chirac lors de son fameux discours d’Egletons du 3 octobre 1976 : « La liberté en France est menacée (…) Elle l’est surtout par nos adversaires; s’ils venaient au pouvoir, ils auraient tôt fait de créer, que certains d’entre eux le veuillent ou non, une société de contrainte où l’autorité bureaucratique d’un État proliférant rendrait rapidement insupportable la vie de nos concitoyens. »

Nous y sommes.

Les Français attendent du courage et de casser les contre-pouvoirs d’un Etat sclérosé, recroquevillé sur sa bureaucratie et sa prolifération normative qui tue à la fois la liberté d’entreprendre et l’autorité du politique.

La première bataille des Républicains seront les élections régionales de décembre 2015. Je m’y engagerai avec toute mon énergie en demandant à toutes les forces vives et les bonnes volontés de ce département de m’aider. Je ne suis pas naïf sur l’âme humaine, je connais les calculs et les arrières-pensées qui hélas occupent trop de place dans la vie politique ; Mais je le redis : je n’ai ni le temps, ni l’envie de perpétuer cette vieille manière de penser la politique. Cela ne m’intéresse pas.

A nous de nous montrer dignes de la République. Les valeurs, ça ne se proclame pas : ça se vit, dans la victoire et (étrangement peut-être pour ceux qui voudraient gagner à n’importe quel prix) aussi dans la défaite, comme Dimanche au Pontet. Je repense toujours aux mots de Kipling “Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots / Et d’entendre mentir sur toi leur bouche folle / Sans mentir toi-même d’un seul mot”. Il y aura toujours ceux qui essaieront de trouver un bouc-émissaire pour minimiser leur propre incurie, c’est hélas le propre des incompétents. Et il y a ceux qui se retroussent les manches et prennent acte du rapport de forces, tout en préparant la reconquête.

On me demande parfois : comment gagner ? Je leur réponds : par le travail. Car le travail, je défends sa valeur et donc je le respecte et je le pratique ; le travail,parce que je pense que les mots s’envolent mais que les actions parlent de manière plus éloquente que les longs discours.

Je serai le chef de file de tous ceux, qui souhaitent en Vaucluse, travailler. Travailler collectivement, collégialement, sereinement. Travailler à un vrai renouvellement des pratiques et du personnel politique. Travailler pour le succès de la région, pour l’emploi et pour faire reculer le chômage.

Il est temps d’être croyant ET pratiquant dans les valeurs du renouveau.

Il est temps pour la Droite de Vaucluse de renouer avec la victoire, derrière Christian Estrosi qui est un candidat de talent et véritablement animé par l’esprit de rassemblement.

Il est temps de montrer à la Gauche comme à l’Extrême-Droite que nous n’avons pas peur du débat sur la place publique, au nom de nos convictions et de nos idées, parce que nous savons qui nous sommes et nous savons où nous voulons aller. Parce que la République et le Vaucluse le valent bien.