365 nuances de bleu (lavande)

365 nuances de bleu (lavande)

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Nous approchons de la date du 17 juin, date anniversaire de mon élection comme député. Les anniversaires sont toujours l’occasion de tirer un bilan de l’action menée.

La première satisfaction que je tirerai est que mon honneur aura été triplement lavé. Mon adversaire socialiste, mauvais joueur, avait contesté la régularité de mon élection, dans les médias et devant le Conseil constitutionnel, tout en faisant courir le bruit d’arrangements secrets avec la candidate du Front, et en voulant m’impliquer via mes proches dans une sombre affaire de médisance électronique, via un mail diffusé entre les deux tours. Le Conseil constitutionnel m’a confirmé comme député élu le 4 octobre (jour symbole de la Vème République, ce qui est un encouragement pour un gaulliste) ; les poursuites concernant le mail se sont enlisées au point de finir sur un non-lieu (faute de preuves, et surtout de diligences de la part des accusateurs, plus prompts à saisir les médias que le procureur) ; et l’Express a révélé qu’au PS, des langues se déliaient sur les liaisons dangereuses entre PS et FN en Vaucluse. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage…

J’en viens ensuite à mon travail proprement dit.

La première réflexion qui me vient à l’esprit est quantitative : en 1 an, j’ai parcouru plus de 30 000 kilomètres de route pour venir à la rencontre de mes concitoyens, sur un territoire grand comme la moitié du département. Je crois que ce seul chiffre permet à lui seul de démontrer la gageure que représente la mission de couvrir équitablement le territoire de la cinquième circonscription. C’est pour cela que quatre points d’accueil ont été ouverts (deux permanences et deux bureaux), permettant à tout habitant de me rencontrer en moins de 30 minutes de trajet routier. Cela signifie que chaque semaine, je fais en moyenne un Lille-Marseille, et je ne compte pas dans ce chiffre les kilomètres parcourus par Dominique Santoni, qui m’a suppléé très efficacement toute l’année, ni évidemment les aller-retour Paris-Avignon. Nous formons, je le pense, avec Dominique, un tandem harmonieux et avons tenu notre parole en cherchant à « embrasser » littéralement toute l’étendue de notre belle circonscription.

Un autre aspect quantitatif est celui de mon travail à l’Assemblée Nationale : je fais partie des 150 premiers députés les plus actifs pour les semaines de présence à Paris, les interventions longues en hémicycle, les amendements déposés, les propositions de loi écrites, les propositions de loi signées, et les questions aux gouvernement. Seules mes présences en commission sont moins élevées, mais ceci s’explique par le fait que, de septembre à juin, j’ai travaillé avec mon collègue socialiste Christophe Bouillon, à un rapport sur l’enfouissement des déchets radioactifs, pour le compte de la Commission en charge de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire. Le classement de l’Expansion m’a d’ailleurs classé 6ème député d’opposition le plus actif. Tout confondu, je suis 20ème député le plus actif pour le dépôt d’amendements et 25ème pour l’activité d’hémicycle.

Ces aspects quantitatifs ne font que traduire le choix qui est le mien : mener de front une vraie activité parlementaire et un réel travail de terrain, pour ne pas me laisser enfermer « à Paris », en répartissant équitablement mes temps de présence.

Au plan qualitatif, je retiendrai quelques temps forts. Outre mon rapport d’information, qui sortira fin juin, je suis fier d’avoir tenu ma promesse de campagne qui était de proposer de labelliser les hôpitaux enclavés comme « hôpitaux de montagne », afin de sauver l’hôpital d’Apt. J’ai déposé des propositions de loi pour accroitre la portée de la vidéo-surveillance, moraliser la vie politique locale et enfin rendre obligatoire la présence des récipiendaires à la cérémonie républicaine d’entrée en citoyenneté. Trois de ces propositions de lois ont été directement le fruit d’une coopération avec le maire de Pertuis, Roger Pellenc, que je remercie de son efficacité.

Il y a là aussi un condensé des axes de travail qui sont les miens : la République, l’aménagement du territoire/les services publics, l’éthique / le renouveau de la politique, et enfin le renforcement de l’ordre. Ces lignes directrices partent toutes d’un projet gaulliste de la société Française, et pour cette raison je me suis investi à la fois dans l’association des députés gaullistes dont je suis désormais le secrétaire général, aux côtés de Patrick Ollier, , et dans la motion gaulliste, avec Henri Guaino, Roger Karoutchi, et Gérard Larcher. Je me félicite au passage de l’excellent score réalisé dans la 5ème circonscription par ma motion en décembre dernier : avec 44% des suffrages, la motion gaulliste est arrivée en tête. De manière générale, le Vaucluse est devenu le 5ème département le plus gaulliste de l’UMP.

Je remercie Jean-François Copé de sa confiance, lui qui a fait de moi le benjamin de la Commission nationale des investitures de l’UMP, en me nommant représentant de la motion gaulliste dans cette instance. Je reste convaincu que la perte des repères de la société Française nécessite un discours clair sur les institutions, l’Europe, l’Etat, et la société. J’ai pris l’initiative de lancer un club de réflexion sur l’Europe avec certains collègues, afin d’animer le débat à l’UMP.

Au plan des votes et des prises de position, même si j’ai globalement voté comme la plupart de mes collègues, je m’en suis écarté à deux reprises : sur la ratification du mini-traité Européen, j’ai voté « non », car je considère que toute perte de souveraineté supplémentaire ne fera qu’accroître la désespérance de la société Française. Sur la loi sur la régulation bancaire, j’ai voté « oui », car je crois qu’il est grand temps que le politique reprenne en main le pilotage du secteur financier.

J’ai évidemment voté « non » au projet de mariage pour tous, non pas parce que j’étais défavorable à la notion d’union en elle-même, mais parce qu’en lui donnant le caractère du « mariage », on conditionne automatiquement un certain nombre de droits que la Cour de Strasbourg nous forcera à concéder, au-delà même de l’adoption. J’ai été particulièrement choqué par la violence externe des minorités agissantes, par les tentatives de déstabilisation (articles de presse honteux et usurpation d’identité sur twitter) et par le déni de démocratie dont le Parlement a été le théâtre, avec des auditions biaisées et une absence totale de volonté de dialogue de la part de la majorité. Ce n’est pas faute d’avoir tenté d’avoir une approche raisonnable du problème, notamment sur le balancement entre droit à la parentalité et droit à avoir des parents, sur les risques juridiques à l’international concernant l’adoption d’enfants étrangers, ou encore la liberté de conscience des maires. Je crois que ce débat, mal mené, trop long, a fracturé la société Française et qu’hélas, nous en paierons le prix dans quelques années.

J’ai également combattu l’émancipation de la magistrature vis-à-vis du contrôle démocratique, les fumisteries gouvernementales sur la transparence (ce qui ne m’a pas empêché d’être l’un des rares députés UMP à publier sur liberation.fr l’identité des associations qui reçoivent de l’argent sur la réserve parlementaire et d’organiser des conférences de presse spécifiques sur ce sujet, ainsi que, tous les mois sur mon activité parlementaire), le découpage abscons des cantons (j’ai notamment tenté de faire en sorte qu’une ville comme Carpentras ne puisse pas être coupée en deux). J’ai obtenu quelques satisfactions, notamment en allégeant d’environ 200 000 euros la facture d’une ville comme Sarrians grâce à un amendement repris par le gouvernement exonérant d’amendes les communes qui ne peuvent pas respecter le quota fixé de logements sociaux en raison du zonage très serré des plans de prévention des risques d’inondation.

En Vaucluse, l’année 2012-2013 aura été celle également de plusieurs combats : celui du respect de la loi, pour demander à l’Etat qu’il prenne ses responsabilités quant au maintien depuis dix ans d’une mosquée illégale à Carpentras, pétition qui a recueilli un millier de signatures ; celui de la préservation de la vitalité du centre-ville de Carpentras, menacé par un projet de zone commerciale « les croisières » voulu par le maire, et qui a débouché sur une importante mobilisation des commerçants ; celui de la rationalité administrative, avec la lutte contre le projet du Parc du Ventoux ( qui va se  superposer aux structures existantes pour un coût à mon sens exorbitant et un intérêt nul), et avec la reconfiguration du projet de métropole marseillaise, qui menace aujourd’hui Pertuis : je crains que le gouvernement ne nous bâtisse surtout une mégalopole. Recréer Gargantua ne donnera pas plus de proximité ni d’efficacité à l’administration des communes.

Evidemment, tout n’a pas été rose en 2012-2013 ou, suivant l’expression consacrée, tout « bleu lavande », malgré la très jolie Marianne inaugurée à Carpentras en début d’année. J’ai une pensée émue pour Helen Adam, ancien maire de Bedoin, qui avait tant œuvré pour mon élection et qui nous a quittés en août dernier. De là où il est, j’espère que je ne lui fais pas honte.

Je reste profondément dubitatif devant la violence des réseaux sociaux et la capacité de blocage de groupes de pression, comme les photographes animaliers qui se sont émus que je puisse oser poser une question au ministre à leur sujet.

Je suis enfin attristé et honteux de voir que la Droite de Carpentras, percluse de rancœurs datant de 2008, n’a pas su saisir l’opportunité que je lui offrais de choisir un candidat sur une base objective, en acceptant par avance la décision de la Commission d’investiture sur la base d’un sondage conduit par un grand institut national. En contestant le sondage, en contestant les résultats du sondage, en contestant ma légitimité de député pour tenter d’organiser la procédure de manière transparente, voire en me prêtant des arrière-pensées que je n’ai pas, la droite a peut-être irrémédiablement gâché ses chances. Sans doute que le double-jeu de certains et les stratégies à cinq bandes des autres n’ont pas aidé.  Je salue a contrario le travail réalisé sur Apt, où les leçons du passé ont porté ses fruits et ont abouti à l’union autour d’une candidat de talent : Dominique Santoni.

J’en profite pour remercier les militants et adhérents de ma circonscription qui ont massivement soutenu mon action. Avec une augmentation de 25% des adhésions sur l’année, et une participation massive aux réunions mensuelles, je crois que l’on peut dire que notre mouvement se porte bien entre Carpentras, Apt et Pertuis.

Une seconde année s’ouvre désormais. Nous avons des chantiers à terminer, comme l’union à Carpentras, ou la refondation de l’UMP dans le Vaucluse. Je m’y attèlerai avec l’enthousiasme et l’énergie qui sont les miens, en m’appuyant sur l’association qui sera lancée le 18 juin 2013 pour appuyer mon action : le Rassemblement Bleu Lavande. Une association gaulliste, ouverte et politique : l’engagement est une question de nuance !