“À l’UMP, on pense déjà à la réconciliation”, Le Figaro 25/10/2012

“À l’UMP, on pense déjà à la réconciliation”, Le Figaro 25/10/2012

Le siège de l'UMP, à Paris.
Le siège de l’UMP, à Paris. Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

Tandis que Jean-François Copé et François Fillon bataillent toujours pour le contrôle du parti, les cadres de l’UMP appellent d’ores et déjà à l’union, quel que soit le vainqueur.

L’après-congrès de l’UMP est déjà dans toutes les têtes. Les parlementaires UMP soulignent que les deux candidats à la présidence du parti auront «l’obligation et la volonté très forte» selon la formule d’Éric Ciotti, de se réunir au soir du 18 novembre. Comment? C’est toute la question. «Le calendrier était trop long pour deux candidats. Il s’appliquait à un premier tour de la présidentielle, avec une offre beaucoup plus large», déplore Julien Aubert. Le député du Vaucluse (pro-Copé) explique qu’il «faudra intégrer tout le monde dans le dispositif de campagne pour les municipales de 2014.»

De la même façon, Jean Leonetti (pro-Fillon) juge que la réconciliation entre les deux camps «se fera sur un objectif électoral à court terme: gagner les municipales». «Nous avons un devoir commun d’opposition au gouvernement, et de reconquête des territoires», analyse le député des Alpes-Maritimes. Pour Jérôme Chartier (pro-Fillon), l’UMP «n’a aucune autre alternative que l’unité, si elle veut revenir aux responsabilités en 2017».

«Jean-Louis Borloo profite de ce duel interminable»

Franck Riester (pro-Copé) ajoute que les motions «auront un rôle dans le rassemblement» au lendemain du congrès. La motion «humaniste» dont il est signataire, et qui est menée par Jean-Pierre Raffarin, Luc Chatel, Jean-Claude Gaudin et Jean Leonetti, réunit, comme les autres motions, des soutiens venant des deux candidats. «Il est clair que la famille libérale, centriste, indépendante et humaniste n’a jamais appartenu au canal historique du RPR. Nous entendons peser à l’intérieur de l’UMP, quel que soit le candidat élu», insiste Jean-Claude Gaudin. Le président du groupe UMP au Sénat (pro-Copé) «s’agace» d’entendre que certains «seraient tentés par l’UDI, si leur champion n’est pas élu». «Je n’en crois pas un mot», lance le sénateur maire de Marseille, qui fulmine: «Jean-Louis Borloo profite de ce duel interminable, qui lui a offert un boulevard. Je rappelle que l’UMP n’a jamais eu une attitude hégémonique. Aux dernières régionales, le Nouveau Centre a eu soixante-dix élus grâce à nous.»

Michèle Alliot-Marie, corédactrice de la motion gaulliste, souhaite que le candidat élu «associe l’autre (camp) au travail de mise en ordre de bataille de l’UMP pour les futures échéances électorales». L’ancienne présidente du RPR rappelle que début 2000, juste après son élection, elle avait pris dans son équipe deux des candidats éliminés au premier tour de cette élection interne, François Fillon et Patrick Devedjian. MAM invite les deux candidats à «se méfier de ceux qui, dans leur entourage, veulent poursuivre leur propre carrière».

«François Fillon affirme qu’il n’a pas d’adversaire»

Les «entourages» en question ne parlent que d’union, en sous-entendant que le camp d’en face est moins ardent. «Le 19 au matin, il y a l’obligation du rassemblement, ce que Jean-François Copé a toujours dit. Il est le mieux placé pour cela», assure son ami Christian Jacob, le patron des députés UMP. «Dans toutes les réunions, François Fillon affirme qu’il n’a pas d’adversaire. Le rassemblement est un de ses axes de campagne majeurs», assure Éric Ciotti, son directeur de campagne. «C’est une responsabilité qui m’incombe en tant que président de son comité de soutien», ajoute Gérard Larcher, l’ancien président du Sénat.

Hervé Mariton, qui ne soutient aucun candidat, attend du futur président de l’UMP qu’il engage «une discussion très ouverte sur l’orientation et l’organisation du parti». Plus caustique, Benoist Apparu analyse: «Le candidat battu qui aura fait un score correct peut se dire: “j’ai perdu au tirage, mais je tente ma chance au grattage, en préparant les primaires de 2016”. C’est mon inquiétude.»