Edito : Et au milieu, trône le Ventoux

Le 8 juin était la date limite fixée par la Région pour la consultation sur l’avenir du PNR. Elle restera comme un succès… de participation, qui va permettre de prendre une décision de manière objective pour le territoire. Je suis fier que le Président Estrosi ait respecté sa promesse de campagne : nous tenons nos engagements, et contrairement à certains, nous avons été très clairs sur le processus engagé.

Ceux qui ont tiré à boulets rouges sur le calendrier (trop court) ou le fait d’être classé dans les « contre » en cas de non-délibération en seront pour leurs frais ; la quasi-totalité des communes se sont prononcées et les élus locaux ont pu voter, débattre, et s’exprimer librement (même si dans certaines communes au Maire pro-parc, les parcosceptiques étaient curieusement persona non grata). Très peu de communes seront restées muettes et le grand épouvantail brandi par les ultra-parquistes (c’est un déni de démocratie : qui ne dit mot ne consent pas !) a fait pshiiit. D’ailleurs, à titre personnel, je conseillerai à la Région d’inclure l’avis de Carpentras et de Vaison, qui délibèreront le 14 juin.

Il faut donc se féliciter de la tenue de cette consultation. Même si je ne dispose que de résultats très partiels, contrairement au SMAEMV, c’est une formidable avancée par rapport à l’ancienne dynamique où on avançait en faisant mine d’ignorer les parcosceptiques avec un résultat écrit d’avance.

Bien sûr, les quelques mandarins dérangés dans leur sommeil par ce vote massif ont profité de cette campagne pour dérouler toutes sortes d’arguments totalement fantaisistes, mais c’était un risque à prendre.

J’ai ainsi entendu dire que sans parc, l’Union Européenne couperait les vivres. Mais comment font dans ce cas là les millions de Français qui ne vivent pas dans un Parc Naturel Régional ? Leur attitude me fait penser à ces clercs du Moyen-Age qui terrorisaient le peuple en le menaçant des flammes de l’Enfer…

J’ai aussi vu certains tenter d’expliquer qu’être contre le Parc, c’était vouloir la perte de ce territoire, le chômage, le déclin. La quinzaine de communes qui a voté contre appréciera, de même que tous les conseillers municipaux qui ont voté contre !

A bout d’arguments, et voyant le nombre de contre enfler, ces mêmes mandarins ont ensuite tourné leur rage sur moi, « l’empêcheur de parquer en rond », voulant personnaliser à outrance l’enjeu. Il faut bien un bouc-émissaire, un grand méchant à haïr. Qui veut noyer son chien l’accuse de la Rage, quitte à ce que ce soit par des procédés douteux comme un article anonyme dans le Canard Enchainé. Je ne suis pas rentré dans ces débats stériles : mes détracteurs me prêtent un pouvoir que je n’ai pas – en oubliant au passage que je ne vote pas, que je ne contrôle aucun conseil municipal (contrairement à eux) et que je n’ai fait que défendre mes idées.

Ils ont aussi tenté d’expliquer que le débat sur le Parc serait politicien, la Droite cherchant à nuire à la Gauche. Comment expliquer dans ce cas que ce fameux PNR, tant bénéfique, soit resté dans les cartons pendant les 17 ans de mandat de Michel Vauzelle, alors que le Département était de la même couleur politique ? Pourquoi à Mazan, l’Opposition de Droite a voté « pour », comme la majorité de Droite de Venasque, alors que des villages classés à Gauche comme Methamis ou Brantes ont voté « contre » ? Mystère.

Au passage, si ces élus si « apolitiques » voulaient donner l’exemple, ils n’avaient qu’à, durant toutes ces années, ouvrir le bureau du SMAEMV à un maire de Droite. Sur neuf places, il devait quand même y avoir au moins une assiette en bout de table, on ne demandait pas grand chose…

Il y a, sur ce territoire, une poignée de mandarins à qui je fais visiblement de la peine. Ils refusent qu’on vienne perturber leurs petits arrangements, leur petit royaume, leur petit fief. Ceux-là auraient voulu que la consultation échoue, qu’elle soit suspendue, ou encore que ce soit un plébiscite massif pour leur projet.

Manque de clairvoyance de leur part, la consultation s’achève avec des résultats qu’il reste à analyser mais qui sont éloquents : une quinzaine de communes contre sur 39, c’est bien la preuve que le projet de PNR est loin d’être consensuel. Notre territoire est fracturé en deux sur la question. Et lorsqu’on s’aperçoit que le non est ultra-majoritaire sur le Mont Ventoux lui-même, il y a de quoi s’interroger sur la mise en place d’un label désignant une montagne qui serait géographiquement …en dehors…

Ce que les ultra-parquistes n’ont pas su ou voulu expliquer, c’est qu’un PNR se décide commune par commune. Ce n’est pas un référendum dans la mesure où les 60% de Pour ne peuvent pas contraindre les 40% de contre. Le Parc ne peut se faire que dans les limites des communes qui l’ont accepté… Et pour le moment, seul Bedoin sur le Mont-Ventoux accepte d’y figurer. Attendons les résultats finaux et l’analyse qu’en feront les services de la Région.

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