Au royaume des malentendus, n’est pas sourd qui veut !

Au royaume des malentendus, n’est pas sourd qui veut !

La constitution par Philippe Marcucci d’un groupe divers droite à Avignon, composé de deux membres du RBM et de deux membres de la liste UMP est l’exemple même du carriérisme politique qui fleurit sur le terrain des petites combines locales en Vaucluse.

Nul besoin de préciser que je suis choqué de voir qu’on peut diriger la campagne d’un candidat UMP et le surlendemain expliquer doctement qu’il est mauvais. Lorsqu’on se fait élire sur une liste, on signe un contrat moral avec l’électeur et on ne retourne pas sa veste pour une place ou un hochet.

Voilà pourquoi je ne renie en rien mon approche de la politique, fondée sur le respect de la parole donnée et la constance politique. Je souhaite d’ailleurs que l’UMP se rénove en Vauclusd sur cette base : à travers les comportements, à travers les hommes.

Ceux qui pensent que le renouveau passe par les partis en seront pour leurs frais : les partis sont des bateaux mais ce qui fait la course, ce sont les marins. Dans le cas d’espèce, ce qui est révélateur, c’est que le Front National a subi en miroir la même déveine que l’UMP à Avignon.

Je ne suis pas étonné.

En effet, parmi les opportunistes du lendemain de l’élection, on signalera François Vaute, ex-UMP, passé au RPF, puis au RBM. Du temps où il se présentait en dissidence contre moi aux législatives aidé en sous-main par un autre UMP, Laurent Charbonnel (colistier de monsieur Delepinau), monsieur Vaute chantait son amour de la 5ème circonscription, louait les mérites de de Gaulle, voulait faire obstacle au Front National et se prétendait “coviste”. Il luttait contre “le parachuté” et prévoyait de devenir plus tard maire de Sarrians. On a vu ce que l’on a vu : François le Coviste, après avoir trahi l’UMP et appelé à me faire battre au second tour en 2012, a rejoint le RBM en 2013, qu’il a fini par trahir en 2014 (et avec lui, au passage, quelques électeurs). Voilà comment en suivant la politique du ventre, on va à la soupe (quel gaulliste !), on se perd en chemin et croyant se présenter à Sarrians, on se retrouve en Avignon. Tous les chemins ménent à Rome (ou du moins aux Etats pontificaux)o

Qu’ils doivent être déçus les électeurs qui pensent qu’une étiquette suffit à renouveler la politique, tous ceux qui pensent que le RBM c’est la Droite qui tranche avec l’UMP ! Je plains ces ex-UMP qui ont parfois rejoint le Front par naiveté, en pensant y trouver une autre manière de faire de la politique. L’autre élue ex-RBM a benoitement révélé que ce parti était une “coquille vide” : elle aurait dû se renseigner !

A Avignon comme à Carpentras, le RBM se compose d’anciens militants déçus par la Droite traditionnelle mais embobinés par une poignée d’ambitieux. Ces anciens de l’UMP ou de la Droite, souvent longtemps frustrés par le suffrage universel, ont compris qu’en changeant la plaque mineralogique de la voiture, ils parviendraient à être élus sans difficulté. En ces temps difficiles, un âne avec l’étiquette FN fait un score en Vaucluse : ne riez pas, c’est arrivé.
Le problème est que certains petits malins, en se juchant sur un tonneau, tentent de profiter de cette désespérance du peuple. C’est le règne du carriérisme, avec un terreau d’idées simplistes, démagogiques et un peu nauséabondes parfois (mais pas trop en public, n’effrayons pas le chaland).

C’est ainsi que Guy Bernard, dont le blog Carpentras autrement m’attaque régulièrement mais anonymement (le courage est à ce prix), a pu être triomphalement élu à Carpentras en numero 3, alors qu’ancien adjoint de Jean-Claude Andrieu il n’avait pas laissé le souvenir d’une popularité impérissable (doux euphémisme).

A ses cotés, Hervé Delepinau, ex-DVD, ex-Sarkozyste, aubignanais pur souche de Boulogne et de Carpentras, qui, tout fier de son score, s’est auto-couronné “leader de la droite Carpentrassienne” (le sacre aura-t-il lieu à la saint siffrein ?). La recette alchimique du succès est empruntée à Pagnol ou à Panoramix : 1/3 droite gaullienne (sic), 1/3 ligue du Sud, 1/3 Fn, 1/3 Rbm.

Un Delepinau se permet désormais d’ironiser sur mon score de second tour, oubliant avait fait il y a quelques années quelques pourcentages sur son seul nom (5,14% pour être exact en 2007). C’est insultant pour mes électeurs, d’autant qu’un socialiste ne fait pas 46% à Carpentras sans qu’à un moment 10% d’électeurs de Droite ne se sentent obligés de voter pour lui afin de bloquer le Front national.

D’ailleurs, les gens votent comme ils l’entendent et le résultat des municipales est bel et bien le fruit de la volonté du peuple.

Le poète écrivait autrefois “Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse”. Je pense que le petit écosystème qui s’épanouit aux interstices du Front et de l’UMP, suit plutôt le conseil de drague de Jean-Claude Dus dans les Bronzés : “Un conseil, fonce : sur un malentendu, cela peut toujours marcher !”