Au second temps, de la Valse…

Au second temps, de la Valse…

Alors que le 18 juin dernier j’ai passé le cap de ma seconde année de mandat, il est l’heure de dresser un petit récapitulatif de l’année écoulée.  Vous vous en doutez, cette seconde année n’aura pas été une année « comme les autres » .

Comment en serait-il autrement ? Investi le 18 Juillet 2013 comme tête de liste UMP aux municipales de Carpentras, j’ai consacré une partie de mon énergie au dur labeur d’unification de la Droite dans cette ville … parfois « malgré elle ». Vous le savez, le résultat n’a pas été à la hauteur de nos espérances, malgré une liste de très grande qualité et un vrai programme élaboré à partir de multiples groupes de travail.

Dans le reste de la circonscription plusieurs succès ont a contrario été enregistrés, à Pertuis, Sarrians ou à Mormoiron. Ma suppléante, Dominique Santoni, a perdu d’un cheveu à Apt mais les circonstances de son élection sont entachées d’un soupçon de fraude et je ne désespère pas qu’Apt revote avant la fin de l’année. Bravo à tous ceux qui ont bénévolement oeuvré pour ces succès.

Concernant Carpentras, faut-il y voir un échec ? Il serait hypocrite de ma part de dire que j’espérais un tel résultat. Néanmoins, tout n’est pas noir dans cette expérience. En premier lieu, j’ai eu le grand privilège de découvrir des hommes et des femmes exceptionnels, et ce cadeau humain n’a pas de valeur. Ensuite, la campagne aura été l’occasion pour moi de solder définitivement les comptes de ceux qui persistaient depuis 2012 à faire circuler des rumeurs toutes plus fausses les unes que les autres à mon sujet. Après qu’on m’a dépeint comme un ami du FN, suite au retrait de la candidate en 2012, d’autres m’ont accusé d’être « complice de la Gauche ». Un candidat du FN m’a par exemple accusé d’avoir conclu un accord avec Francis Adolphe pour prendre la Cove en échange de mon maintien au second tour… On a vu ce qu’il en a été. O temps, o mœurs… Au milieu des rancoeurs et des mensonges, surnage une seule ligne directrice : celle de refuser les alliances politiciennes, suivre ma conscience, respecter mes promesses et aller tout droit sans écouter les « on dit ». J’espère que le peuple me rendra un jour justice et me jugera sur mes actes, en accord avec mes valeurs.

A ce propos, l’association du « Rassemblement Bleu Lavande » qui soutient notre action, à Dominique et moi-même, et qui porte ce message de valeurs s’est grandement renforcée sur l’année écoulée puisqu’en un an d’existence elle s’est étendue dans 3 départements, a gagné 200 membres, et a soutenu 10 candidats aux municipales, de Briançon à Forcalquier en passant par Jonquières ou Apt.

Je ressors en tous les cas de cette année passée très serein et tout aussi ferme sur mes convictions, bien décidé à jouer à la fois un rôle de conseiller municipal d’opposition à Carpentras (avec la création d’une association « la Relève Adroite » et d’un « conseil municipal d’opposition ») mais aussi  – et surtout – celui de député pour l’ensemble de ma circonscription.

Car bien que ces mois de campagne aient évidemment beaucoup mobilisé d’énergie, mon activité de député n’en a pas été affectée. Ainsi, j’ai parcouru près de 35 000 kilomètres cette année pour aller à la rencontre des citoyens de la 5ème Circonscription. En mars dernier a été pris la décision de réorganiser le réseau des permanences en augmentant le nombre de rendez-vous en mairie. La permanence de Pertuis a été transférée sur Apt et le bureau de Sault va être déménagé à l’intérieur du village. Tous ces changements seront opérationnels à la rentrée.

En tout, vous aurez été près de 300 à venir me voir en rendez-vous dans les différents lieux d’implantation.

2014 aura été une année de nombreux combats sur le terrain. En septembre 2013, j’ai obtenu la fermeture de la mosquée illégale de Notre Dame de Santé grâce à une importante mobilisation populaire (près de 1 000 signataires) qui a interpellé le préfet : force doit rester à la loi.

En novembre, j’ai pu parvenir à bloquer le projet néfaste des Croisières, à Carpentras, un centre commercial de plusieurs milliers de mètres carrés qui aurait achevé le centre-ville déjà appauvri. Je suis moi-même monté à Paris face au maire actuel pour arracher la décision à la Commission nationale. En juin dernier, j’ai soutenu également un recours contre une extension d’Auchan au Pontet, toujours avec le même résultat. Je l’assume, je suis du coté du petit et du vivre-ensemble.

Toujours à l’automne, j’ai rencontré Manuel Barroso, alors président de la Commission européenne, pour lui parler de l’application de la réglementation REACH qui menace l’avenir de la production de lavande sur le plateau d’Albion.

Au plan du travail législatif, l’année a été riche et productive. Sur l’année écoulée, je fais partie des 150 députés les plus actifs avec 202 interventions longues en hémicycle, 1151 amendements signés, 56 questions écrites et 4 questions orales au gouvernement.

L’agriculture et son avenir ont été au cœur de mes préoccupations, un combat bien naturel tant c’est l’ADN de notre département qui est en jeu. J’ai donc déposé l’an passé 3 propositions de loi, dont 2 concernant l’agriculture : la première, née d’une rencontre avec les professionnels du secteur à leur assemblée régionale à Menherbes, porte sur le vol de truffes, qui a un impact économique désastreux pour la filière ; la seconde, inspirée par Roger Pellenc , maire de Pertuis, porte sur les ventes déguisées de terrains agricoles sous la forme de donations, pour contourner le monopole de la SAFER.

L’agriculture Vauclusienne a en outre été mise à l’honneur à l’automne avec le premier Salon des Saveurs du Ventoux que j’ai organisé au Palais Bourbon : une centaine de députés ont pu goûter le berlingot de Carpentras, la truffe comtadine, la figue de Caromb, le vin de Mormoiron, le muscat de Venasque et bien évidemment humer la lavande du plateau…

C’est toujours pour préserver un modèle rural et économique vivant que je reste mobilisé contre le projet de Parc du Ventoux, qui m’apparaît comme un faux exercice de concertation qui débouchera sur une nouvelle strate administrative, avec son lot de règlementations et d’élus surnuméraires. C’est totalement anachronique à l’heure où l’on essaye au contraire de simplifier la carte territoriale. Je suis heureux d’avoir pu parrainer « Ventoux libre sans parc » qui rassemble les élus opposés à cette mascarade de concertation.

Ma troisième proposition de loi a été consacrée aux enjeux européens puisque j’ai proposé que toute ratification de traité soit pour l’avenir soumise à un référendum. Les élections passées ont montré que le peuple se détourne de ses élus car le lien de confiance est rompu : nous n’avons pas d’autre choix que de travailler à le retisser car l’alternative – l’anarchie, la dictature – n’en est pas une. Un siècle après le début de la Grande Guerre, nous avons tous la chance de vivre dans un monde beaucoup plus évolué, civilisé et pacifié : sachons léguer la France comme nous l’avons trouvée en naissant, sans angélisme mais surtout, sans démagogie.

Plusieurs textes législatifs ont également marqué cette année 2014, pour lesquels mon opposition a été très ferme : la réforme pénale portée par Christiane Taubira, qui fait de la prison l’exception dans le système judiciaire ; la loi ALUR si préjudiciable au secteur immobilier ; la loi sur l’avenir de l’agriculture, qui entérine un concept pour le moins fumeux d’une agro-écologie dont la principale mission ne serait plus la production vivrière mais la moindre consommation des intrants. Dans tous les projets de lois, le biais idéologique était pour le moins manifeste : Madame Taubira aime aménager les peines pour les condamnés, mais refuse de considérer le point de vue de la victime ; Madame Rossignol propose de confier un enfant à la garde des parents sans prendre en compte l’intérêt éducatif de ce dernier ; Monsieur Valls aime redécouper les territoires mais il perd de vue la ruralité (avec des cantons étranges) et la proximité (avec des métropoles mégalopoles).

Il m’est arrivé, plus rarement, d’aller dans le sens du gouvernement, par exemple sur la réforme de la SNCF.

Les sanctions populaires massives de Mars et de Mai dernier ont quelque peu freiné l’élan idéologique initial et le gouvernement Valls s’attache à défaire tout ce que le précédent gouvernement avait pu tisser, aveuglé qu’il était par sa conviction profonde d’être le bras armé de la Justice sociale. Il en résulte aujourd’hui une dislocation du groupe parlementaire PS.

Reste aujourd’hui que l’état de l’opposition n’est pas satisfaisant et c’est un euphémisme. J’ai découvert, comme tous les Français, les circuits, les mensonges et les accords douteux qui ont plombé les comptes de l’UMP. Je suis las, comme tous les électeurs, des guerres intestines motivées par des questions d’égos ; des juges politiques qui se cachent derrière leur statut pour masquer leur partialité ; des affaires à répétition. Je suis comme tout le monde, dans l’expectative.

Je n’ignore pas le malaise généralisé. Je ne sais qu’une chose : nous avons besoin de la démocratie pour réformer, nous avons besoin de l’UMP pour que vive la démocratie.

Beaucoup de Français parlent de la France en des termes très radicaux. Certains aimeraient « que les jeunes virent tous les vieux ». D’autres prônent sans complexe « la révolution », hypnotisés par la montée du vote protestataire et presque grisés par l’hypothèse d’une « expérience interdite », une espèce de “grand soir” qui renverserait tout.

Je repense toujours en les écoutant à Germinal d’Emile Zola : ” C’était la vision rouge de la révolution qui les emporterait tous, fatalement, par une soirée sanglante de cette fin de siècle. Oui, un soir, le peuple lâché, débridé, galoperait ainsi sur les chemins (…) il promènerait des têtes (…) Des incendies flamberaient, on ne laisserait pas debout une pierre des villes, on retournerait à la vie sauvage dans les bois, après le grand rut, la grande ripaille, où les pauvres, en une nuit, efflanqueraient les femmes et videraient les caves des riches. Il n’y aurait plus rien, plus un sou des fortunes, plus un titre des situations acquises, jusqu’au jour où une nouvelle terre repousserait peut-être. Oui, c’étaient ces choses qui passaient sur la route, comme une force de la nature, et ils en recevaient le vent terrible au visage.”

Ce n’est pas mon projet de société. Je pense qu’il faut garder la tête froide et ne pas souhaiter plus de violence, mais bien plus de réconciliation. Avant de jeter la pierre sur tel ou tel responsable politique et de sonner l’hallali, avant de proférer un jugement définitif sur telle ou telle affaire, j’attends que toute la lumière soit faite par la justice. Une fois les circuits de « l’affaire Bygmalion » clairement établis, alors viendra le temps de la sanction et de la reconstruction.

Il est capital que l’opposition ne sombre pas dans la tempête car ce serait la seule possibilité pour François Hollande d’espérer faire un second mandat. Ceux qui parient sur un vote FN majoritaire en 2017 ne savent pas compter : quand bien même le FN arriverait à siphonner la totalité des voix de la Droite et de l’Extrême-Droite (ce qui est en soi peu probable compte-tenu de la présence de centristes à l’UMP), il ne pèserait que 45% des voix. La France ne veut pas d’un président qui divise mais d’un président qui rassemble.

Aux présidentielles, comme aux législatives et comme aux municipales du reste, je m’en tiens à un seul conseil : pour avoir un élu de droite, rien ne vaut le fait de voter à Droite dès le premier tour.

Faut-il encore que cette Droite ait des idées.

C’est pour cela que ma génération a lancé en septembre dernier le groupe des « Cadets-Bourbon » qui a présenté plusieurs propositions concrètes pour préparer la France de demain. Parmi ces propositions, une me tient à cœur : enquêter sur les dysfonctionnements du RSI, qui handicapent un très grand nombre de commerçants, d’artisans, de professions libérales dans un milieu économique dégradé. Sur ce sujet du RSI, je suis parvenu à faire bouger la direction et plusieurs dossiers individuels ont ainsi pu être débouclés.

Un dossier, enfin, a plus particulièrement monopolisé, hors travail législatif pur, mon attention, notamment dans la première partie de 2014 : la transition énergétique. En effet, je n’oublie pas que tout le sud du Vaucluse et le bassin de Pertuis vit au rythme de la Durance et des installations de Cadarache et d’Iter. Le choix de sortir à court terme du nucléaire est donc susceptible de laminer l’emploi dans le Sud-Luberon. En tant que président du groupe d’études Energies, j’avais été amené à rencontrer des professionnels du secteur, inquiets par le dogmatisme du Débat sur la Transition Energétique, orchestré par le gouvernement avec la participation active du lobby Vert. En décembre dernier, j’ai convaincu Christian Jacob, président du groupe UMP, que nous ne pouvions pas aborder un texte majeur du quinquennat de François Hollande, susceptible d’avoir un effet massif sur le pouvoir d’achat et la compétitivité de nos entreprises, sans une vraie préparation et concertation.

Christian a accepté de me faire confiance et j’ai pu lancer, en Janvier, « l’Autre débat sur la Transition énergétique », avec Daniel Fasquelle, député-maire du Touquet. Pendant 6 mois, nous avons reçu à l’Assemblée une centaine d’experts représentant une cinquantaine de fédérations professionnelles, entreprises, associations et think-tank pour élaborer sans parti-pris la doctrine de l’UMP en matière d’énergie. Après 45 heures de débat, les travaux que nous avons présentés à la presse le 25 juin ont recueilli un consensus très large du secteur et fourniront la colonne vertébrale de notre travail législatif à l’automne sur ce texte porté par Ségolène Royal.

Je serai orateur du groupe UMP sur ce texte, chargé donc de mener l’opposition sur ce texte capital. La troisième année de mon mandat sera donc une forme de grand saut, puisque ce sera la première expérience de ce type du mandat. En avant, lavande au poing !