Autour d’un sens giratoire, les débats tournent en rond (La Provence, le 1er octobre 2015)

Autour d’un sens giratoire, les débats tournent en rond (La Provence, le 1er octobre 2015)

Echanges plutôt vifs lors de la dernière séance d’édiles, notamment au sujet de la création d’un rond-point sur la route de Mazan

Sur la route de Mazan, à la sortie de Carpentras, un rond-point devrait être réalisé au frais de la SARL JLM Expansion. Il préfigure de l’urbanisation de cette zone, qui pourrait accueillir un Mac Do, un petit centre commercial et un lotissement d’une cinquantaine de maisons.

Vous n’assumez pas votre politique, qui consiste à faire alliance avec les promoteurs, au risque de vider le centre-ville ! .. Contrairement à ce que vous voulez nous faire croire, il existe bien une relation entre la mise en place d’un rond-point sur ces parcelles bordant la route de Mazan et les créations d’un Mac Do, d’un centre commercial et d’un lotissement”lance le Républicain Julien Aubert à Francis Adolphe.

La route étant départementale, la maîtrise d’ouvrage de ce rond-point devrait appartenir au Conseil départemental, remarque le RBM Hervé de Lépinau, qui s’indigne : “Mais vous avez passé une convention avec Mac Do pour qu’il prenne les travaux à sa charge… On se retrouve dans la situation ubuesque où vous délivrez des autorisations de construire, qui ne peuvent pas se réaliser, sans des aménagements ne dépendant pas de vous. Vous faites du chantage économique pour qu’au final, la digue légale cède…”

“Rond-point ou pas, le Mac Do se fera”

Après quelque deux heures de séance d’édiles la question nº 31, concernant l’échange de quelques parcelles entre la commune et la SARL JLM Expansion, – pour que celle-ci puisse construire un rond-point – a soulevé des débats enflammés . Ceux-ci ont été religieusement écoutés par des riverains concernés, présents dans le public et domiciliés à proximité des lieudits La Gardy et Castellas Ouest, apparemment peu favorables à ces perspectives d’urbanisation qui visent leur quartier et prévoient, outre l’installation d’un Mac Do, juste après le centre de secours en allant vers Mazan, un petit centre commercial et un lotissement d’environ 50 logements de l’autre côté de la route.

“Le permis du Mac Do est conforme et la collectivité n’a pas les moyens de préempter” explique le maire. “Quant au lotissement, il n’est pas encore fait puisqu’apparemment il y a une mésentente entre le promoteur et le constructeur.”Il martèle : “De toute façon, avec ou sans rond-point, le Mac Do peut se faire.”

À proximité immédiate de ce projet de petit centre commercial, il y a la caserne des pompiers amenée à s’agrandir. Pourquoi ne pas réserver cette entité foncière pour permettre ce développement à venir ?” demande Hervé de Lépinau. “Les pompiers eux-mêmes réclament le rond-point et en cas d’agrandissement, il y a un autre terrain, derrière le gymnase”, répond Francis Adolphe. “A vous entendre, on pourrait croire que les pompiers vont utiliser ce sens giratoire avec leurs véhicules. C’est faux !.. Vous avez l’art des raccourcis parce qu’ils sont réducteurs et erronés” s’exclame Hervé de Lépinau, qui suppute : “La création de cette zone va causer un préjudice aux commerçants de Carpentras et de Mazan. Il n’y a pas de déviation possible à cet endroit et on risque de densifier le trafic routier dans une zone déjà dangereuse…”

“Il n’y a aucun deal”

Julen Aubert enchérit : “M. le maire, je ne suis pas d’accord avec votre approche de l’urbanisme. Carpentras aurait intérêt à freiner le nombre de grandes surfaces à l’extérieur… “ Il demande : “Annulez cette délibération. Votez contre ces échanges de parcelles. Si vous n’échangez pas les terrains, le rond-point ne peut pas se faire, et vous mettez des bâtons dans les roues de l’instigateur de ce projet.”

“La Mac Do peut se faire, avec ou sans rond-point” redit le premier magistrat. “Vous êtes contre le développement économique . Le projet de zone commerciale ayant été refusé aux Croisières, il se déplace. ” Il insiste : “Aujourd’hui, on est dans quelque chose de légal. Il n’y a aucun deal !..

Ce à quoi le chef de file des Républicains locaux objecte : “Vous nous racontez des carabistouilles. Cette décision est en elle-même le reflet d’un deal puisqu’il s’agit d’un échange de terrains ! Assumez le fait que vous voulez que le Mac Do, le centre commercial et le lotissement qui va avec. Ces réalisations ne se font pas à l’insu de votre plein gré !”

Francis Adolphe répond : “Le terrain coûte 1 Million 200 000 . À la mairie on ne les a pas, mais vous pouvez toujours l’acheter !”

Tous les élus de l’opposition ont voté contre cette délibération, qui a été adoptée par la majorité.


Au fil de quelques délibérations

Tarifs préférenttiel à la Charité

Des associations à vocation artistique ou culturelle proposent des ateliers de pratique hebdomadaire hors vacances scolaires, dans les locaux de la Charité. Quand elles viennent en complément d’activités municipales existantes et qu’elles répondent à une demande, la Ville souhaite soutenir ces initiatives. C’est pour ça qu’elle propose à la location, et dans la mesure des disponibilités, les salles à un tarif annuel préférentiel : 600 € jusqu’à 2 heures par semaine, 800 € de 2 h à 4 h hebdomadaires. Cette délibération a été adoptée à l’unanimité.

Echange de bon procédé

Afin de faire des économies, la CoVe et la Ville partagent volontiers leurs compétences. Ainsi, la Municipalité a souhaité la création d’un Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) commun avec la communauté d’agglomération. Dans cet objectif, elle bénéficiera de l’intervention du préventionniste de la CoVe, par le biais d’une vacation.

En revanche, parce qu’elle a déjà prouvé son savoir-faire en la matière, la Ville prendra en charge la maîtrise d’ouvrage de l’optimisation du fonctionnement des réseaux informatiques et de télécommunications de la CoVe ; cette mission se fera dans le cadre de sa politique de déploiement de la Fibre optique.*

Les salles communales plus chères aux “estrangers”

En séance de conseil municipal, la Ville a revu à la hausse les tarifs de location des salles communales, à des associations ou particuliers autres que Carpentrassiens. “Les associations de Carpentras et de Serres auront toujours un accès gratuit, en fonction des disponibilités” précise le maire. “Faux !” note l’opposition RBM. “On a refusé une salle à “Carpentras à coeur”, qui voulait évoquer le sujet des Chrétiens d’Orient.”

La Ville rachète des terrains aux Couquières

Afin de répondre à un besoin d’équipements supplémentaires, notamment de parking de co-voiturage, de parking complémentaire lors d’importantes manifestations, voire pour l’organisation d’événements comme la foire Saint-Siffrein ou la mise en place de cirques, la Ville a décidé de racheter des parcelles sises aux Couquières, pour une superficie totale de 18 267m². Pour cela, elle va débourser 934 019,94 €.