Une certaine idée des Républicains

Le tir de barrage déclenché par la Gauche bien-pensante contre le nouveau nom de l’UMP en dit long sur la schizophrénie qui la caractérise. Lorsque le Parti socialiste s’auto-attribue le droit de déclarer ce qui est « républicain » et ce qui ne l’est pas, est ce que les intellectuels éclairés s’en émeuvent ? Non. Lorsqu’un journal de Gauche s’appelle Marianne et au nom de la République agonit la Droite, est-ce choquant ? Lorsque certains mouvements « progressistes » récupèrent l’adjectif « citoyen » qu’ils accolent à la moindre de leurs actions pour désigner des actions de Gauche, la Droite s’émeut-elle de cette OPA ? Non, mais elle devrait. La politique est donc autant affaire d’idées que de mots. Le Front National, qui a osé récupérer la Nation, la Patrie, le drapeau et Jeanne d’Arc, en sait quelque chose. Il a même poussé l’outrecuidance jusqu’à créer un « Rassemblement Bleu Marine » qui pille le mot gaulliste du Rassemblement et la couleur de la Droite, le bleu.

Mais derrière les mots, il y a des idées. La République aujourd’hui qui la défend ? Ni ceux qui s’amusent à collecter des informations sur les origines ethnico-religieuses des bambins dans des partis à actionnariat dynastique, ni ceux qui foulent des pieds tous les principes de la République en proposant une réforme indigne du collège.

Nier le roman national, en enseignant l’Islam avant la Chrétienté, ce n’est pas la République, car celle-ci est laïque mais issue d’une culture judéo-chrétienne. Pauvre pays qui en est à faire la guerre aux crèches et aux statues papales, alors qu’on prêche dans des langues étrangères dans des garages et dans des caves la haine de la République !

Éteindre les Lumières dans les programmes scolaires ce n’est pas la République, car Voltaire et Rousseau sont le socle de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen.

Massacrer la compréhension par les enfants du français en passant aux oubliettes les langues anciennes, ce n’est pas la République, dont la langue est et reste le français. Encore faudrait-il qu’on la respecte dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

La République, c’est enfin la Vème République, fondée par le Général de Gaulle. Ceux qui rêvent de proportionnelle et à la VIème République proposent tout simplement le régime des partis. Voilà pourquoi s’appeler les Républicains n’est pas une imposture, ni une posture : c’est une nécessité.

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