Coup de force sur la loi de transition énergétique : François Hollande prépare le retour des écologistes au gouvernement en sacrifiant les atouts du nucléaire

Coup de force sur la loi de transition énergétique : François Hollande prépare le retour des écologistes au gouvernement en sacrifiant les atouts du nucléaire

Mardi 10 mars, la Commission mixte paritaire qui devait élaborer un texte commun aux deux assemblées sur le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte s’est conclue sur un véritable déni de démocratie. Le Président François Brottes (PS) a décrété qu’il n’était pas possible de trouver un accord, a refusé de procéder à un vote et a levé précipitamment la séance. L’Elysée avait en effet ordonné aux députés socialistes de faire capoter un accord bipartisan pour sauver son alliance avec les Verts.

C’est donc une nouvelle volte-face de la part du Gouvernement lorsqu’on se souvient qu’il y a tout juste une semaine Ségolène Royal se félicitait du vote « magnifique » du Sénat qui adoptait à une très large majorité le projet de loi de transition énergétique, substantiellement complété et amélioré par le Sénat. Le texte voté comportait des dispositions jugées réalistes et sérieuses, notamment sur le nucléaire, et constituait une plate-forme sur laquelle une large majorité pouvait se rassembler.

Le Gouvernement en a décidé autrement, sacrifiant les travaux sénatoriaux, longs de deux semaines et forts de 250 amendements adoptés de tous bords, alors même que l’Assemblée nationale n’avait eu le temps de débattre de manière bipartisane de l’article 1er, tout cela en raison d’un désaccord sur le volet nucléaire du projet de loi.

Convaincu de la nécessité de diversifier notre production électrique, le Sénat avait pourtant entériné, à une très large majorité, la réduction à 50% du nucléaire dans le mix électrique, tout en veillant à préserver notre indépendance énergétique et notre compétitivité, à contribuer à une politique responsable en faveur du climat et à protéger les consommateurs. Pour compléter ces objectifs, le Sénat avait fait adopter de nombreuses dispositions visant à faciliter la production d’énergies renouvelables.

Mais l’UMP, aujourd’hui, dit non à une sortie prématurée du nucléaire qui va provoquer comme en Allemagne une augmentation des émissions de CO2 et de gaz à effet de serre. L’UMP dit non à un doublement de la facture d’électricité des Français. En revanche l’UMP, à un moment où les plus lourdes menaces pèsent sur le nucléaire, redit sa confiance envers les équipes qui font de cette filière un de nos meilleurs atouts dans la compétition mondiale et pour la transition énergétique.

Comme l’a rappelé Bruno Retailleau, Président du groupe UMP au Sénat : « Ce projet de loi : c’est 20 réacteurs qui devront fermer en 10 ans. Ce projet de loi : c’est le sacrifice d’une industrie et de nos emplois à un accord d’appareils entre socialistes et écologistes ». Le groupe UMP de l’Assemblée nationale, choqué par ce passage en force, fera tout pour limiter les dérives gouvernementales sur ce sujet en nouvelle lecture.