Déplacement au japon sur les conditions d’acceptation du risque nucléaire

Déplacement au japon sur les conditions d’acceptation du risque nucléaire

Dernière journée à Tokyo de discussion sur les comparaisons internationales en matière d’acceptation publique de l’industrie nucléaire avec des experts et politiques venus de Finlande, France, Suède, Grande Bretagne, des pays d’Asie du Sud Est (Thailande, Myanmar, Mongolie, Lals, Cambodge) et bien évidemment du Japon.
Après l’accident de Fukushima en 2008, le Japon a suspendu toute activité nucléaire. La question se pose pour eux du redémarrage des réacteurs mais aussi de savoir comment parler du nucléaire avec la population japonaise pour obtenir un soutien sur cette question. La vulgarisation des enjeux sur les réseaux sociaux est essentielle et la constitution de plate-formes réunissant les parties prenantes au plan local a été actée pour faciliter les échanges.
Le METI japonais (Ministère des Finances) a présenté le plan stratégique japonais, qui prévoit 20-22% de nucléaire. Il y a 17 centrales démantelées, 9 doivent être relancées, 12 n’ont pas encore vu leur sort fixé. Voilà qui tranche avec la France où le gouvernement a publié une programmation pluriannuelle qui ne donne aucune vision d’avenir pour les centrales, seul un chiffre de 6 centrales à fermer ayant été livré, sans qu’on sache où et quand précisément.


Nouvel atelier d’échange international sur la manière dont on peut instaurer un débat citoyen sur le nucléaire, et dont on peut prendre en compte le risque d’accident. J’en profiterai pour expliquer la manière dont fonctionnent les commissions locales d’information, comme celle de Cadarache ou de Bure, dont je suis membre, ainsi que l’état de réflexion du Parlement Français sur ce sujet.


Visite de la centrale d’Hamaoka et notamment des installations de protection contre les risques de submersion. La centrale ne fonctionne plus depuis Fukushima et le Japon a entrepris de sécuriser les installations au cas où un tsunami se déclarerait.
842 000 personnes vivent à moins de 31 km, 48 000 habitants à moins de 5 km. La compagnie privée qui gère la centrale a donc mis au coeur de ses priorités de rassurer la population sur les risques.
Un grand mur anti-tsunami de 22 mètres de haut, construit à partir de 2013, ceinture notamment l’installation. Les japonais ont dépensé 4 milliards d’euros pour la sécurisation et démantèlent 2 réacteurs (400 millions/réacteur) sur 5.
Ils ont également un centre dédié aux erreurs commises dans la gestion de la centrale, pour sensibiliser les agents.

Enfin, les 180 000 visiteurs annuels ne sont pas oubliés. Outre une tour panoramique, les enfants ont leur espace dédié en partenariat avec Lego. Très instructif !


Rencontre avec le governorat de Kyoto.


Cette semaine, je suis pour trois nuits au Japon à l’invitation de l’ERIA, l’Institut de Recherche Economique pour l’ASEAN et l’Asie de l’Est, en tant que député d’un département à proximité de sites nucléaires (Cadarache, Tricastin, Marcoule) pour participer à un cycle de trois tables rondes sur les conditions d’acceptation du risque nucléaire par les populations locales.

Ayant travaillé au Parlement sur le sujet des déchets, du démantèlement et de la sécurité/sûreté, cet institut asiatique était intéressé de m’auditionner sur ces sujets.

Participent aussi les Maires de La Hague et de Flammanville, ainsi que des spécialistes de Finlande, de Suède, du Royaume-Uni, du Cambodge, de Mongolie, du Myanmar, de Thailande. Aujourd’hui, la première session a lieu à Maizuru, petite ville de 84 000 habitants à proximité de la centrale de Takahama (quatre réacteurs de technologie à eau pressurisée, comme en France, de 900 MW).