Edito : Notre Drame des Landes

Edito : Notre Drame des Landes

Habile. C’est ainsi qu’Ouest France qualifie la décision d’Emmanuel Macron qui en 6 mois a su trancher un dossier compliqué, aidé d’Edouard Philippe. Habile comme Pierre Mendès France, qui prit la responsabilité de mettre fin au conflit au Viet-Nam de manière précipitée ? Je ne sais pas.

Ce que je sais, en revanche, c’est que toute la comédie gouvernementale sur un ultimatum envoyé aux zadistes pour évacuer la zone est superflue. Ils ont gagné : pourquoi voudriez vous qu’ils s’accrochent à ces quelques arpents de terre ? Curieuse leçon donnée par le gouvernement. C’est bien la première fois qu’une armée qui fuit le combat avertit le gagnant qu’il n’a pas intérêt à rester trop longtemps sur le champ de bataille qu’elle vient de lui livrer sur un plateau.

Le gouvernement avait un dossier technique et deux solutions égales en termes d’avantages et d’inconvénients. Il a choisi celle qui permet aux zadistes de crier victoire et qui démontre que l’Etat n’a plus le monopole de la violence légitime. Le gouvernement avait le choix entre l’humiliation ou l’affrontement : il a choisi l’humiliation, et il aura l’affrontement. Demain les zadistes l’attendront ailleurs, probablement sur le site de Bure, pour le faire plier, une fois de plus.

Il fallait bien envoyer un signal à la Gauche, après les annonces libérales de l’automne. Nicolas Hulot nous coûte cher.

Le contribuable, qui acquittera 300 millions d’euros de facture à Vinci (mais depuis Ecomouv, il est habitué), méditera sur cette gabégie. Quant à ceux qui avaient voté pour la consultation régionale et cru Macron qui proposait de respecter la démocratie, ils sauront désormais ce que vaut la parole présidentielle.

Ce soir il y a donc 3 perdants : le contribuable, le citoyen, et l’autorité de l’Etat.