EDITO : Elle marche, elle marche, la maladie d’amour

Avec les yeux fiévreux de celui qui sait parler avec amour au peuple de France, Emmanuel Macron a présenté hier ses premières pistes pour résoudre le rejet démocratique et le moins qu’on puisse dire, c’est que cela brille par son manque d’originalité : la traditionnelle dose de proportionnelle (un peu d’insuline pour la douleur) ; encore plus de limitation de cumul des mandats* (au pain et à l’eau, les élus) ; un « grand oral » des ministres devant le Parlement (attention, ils vont trembler : il y aura aussi une épreuve écrite ?)… Ca valait vraiment le coup de marcher….

Ah non ! Je suis mauvaise langue ! Il y a une mesure pour le coup très originale : que le Président de la République aille rendre des comptes devant – je cite – une « commission de citoyens », aidée par la Cour des comptes. C’est le pompon, digne des « Délires d’Avenir » de Royal en 2012.
Quelle légitimité auront les membres de ce gadget par rapport au Parlement ? Le Président de la République devrait donc rendre des comptes à une instance moins forte (non élue) que celle devant laquelle le Premier Ministre est responsable ?

Voici venue la Gauche qui marche, qui court, la Gauche Forrest Gump, je sens que nous allons assister à un concours Lépine particulièrement performant cette année ….

* Leger rectificatif post-écriture (edité 8.33) : je lis dans l’Opinion une autre version du discours que celle que j’ai utilisée pour écrire ce billet. Macron critiquerait notamment « la République des asistants parlementaires » pour évoquer les limites du non-cumul des mandats. Si cette version est la bonne, alors tout n’est peut être pas encore à jeter dans l’argumentaire !

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