Edito : Et Moi, et moi, et moi….

Edito : Et Moi, et moi, et moi….

Edito : Et Moi, et moi, et moi….

Magicien (d’Oz) de la communication, Emmanuel Macron a fini par s’enliser dans toute une série d’erreurs qui ont fini par briser l’élan né en mai 2017.

La liste des bêtises est longue, et même impressionnante : attitude de fort-en-gueule bravache sur l’affaire Benalla, transformation de l’Elysée en strip-bar le soir de la fête de la musique, mélange des genres complet avec des goodies élyséens complètement égotiques à l’effigie du maître des lieux, captation maladroite du succès de la coupe du monde en privant les supporters de la rencontre avec leur équipe fétiche, nomination de ses lieutenants aux postes clés de l’Etat en faisant fi de la compétence ou de la morale, etc, etc…

Le fil rouge de ces écarts comportementaux – très éloignés du souhait originel d’Emmanuel Macron de resacraliser la monarchie élective de la Vème République – est à rechercher du côté de « l’ivresse des sommets ». Dit simplement, le pouvoir semble être « monté à la tête » d’Emmanuel Macron. Jupiter enfle, enfle, enfle comme une grosse planète gazeuse…

L’hypermédiatisation d’un hold-up du siècle a sans doute contribué à cette fièvre macronienne – c’est l’effet « Macron = Mozart » – mais la concentration institutionnelle des pouvoirs, née du quinquennat, a aussi beaucoup joué. Je plaisantais en juin dernier sur un plateau tv en rappelant que l’Empereur Commode avait nommé son cheval sénateur, et Macron son gorille sous-préfet, mais les correspondances ne s’arrêtent pas là. Il y a dans cette hypertrophie du moi la marque des dérèglements narcissiques observés sous certains Empereurs romains, toutes proportions gardées bien évidemment.

Le Macronisme flirte même avec la ligne rouge lorsqu’il laisse Alexandre Benalla insulter publiquement le président d’une commission d’enquête sénatoriale en niant sa légitimité. La différence entre le pouvoir arbitraire et la République, cela reste le légalisme.

Le coté attristant de cette affaire est que si la machine médiatique se repaît sans vergogne de ce lent naufrage – contre lequel j’avais mis en garde Emmanuel Macron dès son élection en lui écrivant une lettre ouverte intitulée « Souviens-toi que tu n’es qu’un homme », la réalité, elle, est sombre et les problèmes s’accumulent au dessus de nos têtes.

Nos performances économiques (dette, croissance, inflation…) sont très mauvaises. La réforme du prélèvement à la source risque de la tarir ou de l’empoisonner. Les autres réformes accélèrent la fragilisation des plus vulnérables au nom de la liberalisation sans créer d’emploi. Face à cela, le discours est soit très froid (traverse la rue) soit faussement utopique (le revenu universel !)

Garder la tête froide dans un tel maelström sera complexe. J’aimerais tant débattre de fond, mais quel micro est prêt à sonder la vague plutôt que l’écume des jours ?

En attendant, bonne rentrée à tous !