Edito : Imaginait-on François Fillon mis en examen ?

Edito : Imaginait-on François Fillon mis en examen ?

Nous sommes confrontés à un cas de conscience évident, doublé d’une impasse politique. Je fais de la politique car je crois en la parole politique et pour restaurer la confiance, il faut tenir sa parole.

J’ai défendu en Janvier mon candidat car je me refuse qu’on lapide quelqu’un sur la base d’accusations anonymes et parce que je n’ai pas le goût des cabales. Je l’ai fait d’autant plus librement qu’il n’était pas mon candidat au premier tour des primaires, que mes idées sont plutot proches d’Henri Guaino, mais lorsqu’on organise un scrutin, le minimum est d’être respectueux du résultat des urnes. Lorsqu’on appartient à une famille politique, il faut respecter les règles qui permettent le vivre-ensemble.

Clairement, les juges ont décidé d’abattre François Fillon en tirant un missile de mise en examen 48h avant la date de dépôt des parrainages. C’est évidemment le mettre dans une situation impossible, lui qui avait justement promis de se démettre dans cette hypothèse. En toute logique, il aurait donc dû se retirer.

L’obliger à respecter sa parole satisferait notre conscience. Je comprends en partie la position d’un Bruno Le Maire qui a décidé de quitter l’équipe Fillon sur le constat d’un désaccord moral.

Néanmoins il créerait un redoutable vide politique : nous disposons de 15 jours pour parrainer. En 15 jours, la Droite est incapable de faire émerger un consensus sur un candidat idéal, de le légitimer par le moyen d’un vote ou d’un congrès et de réunir les 500 parrainages. Un grand nombre de Maires ont déjà envoyé leurs parrainages pour une candidature Fillon et ils ne disposent que d’un seul formulaire.

Bref très concrètement, même avec un plan B tout ficelé, ce serait matériellement très risqué.

Il n’existerait qu’une seule solution désormais pour ramener le calme : appliquer l’article 7 de la constitution en demandant le report de l’élection présidentielle au motif qu’à la date du 15 Mars, mis en examen, François Fillon serait théoriquement empêché. En effet si cet empêchement survient 7 jours avant la date limite des parrainages, alors le Conseil Constitutionnel peut décider ce report.

Il faudrait que nous soyons 60 parlementaires. Seul problème : le demander ne signifie pas qu’il sera octroyé…

Au surplus, si l’on veut bien admettre que tout ceci est un coup monté, démettre François Fillon serait plier devant une attaque inédite dans l’histoire de la Vème République : trois semaines de révélations croustillantes avec des chiffres en brut donnés sur 15 ans ; un pôle judiciaire spécialisé dans les affaires complexes qui se saisit en 3 heures et qui au bout de 15 jours d’enquête préliminaire où les avocats de Fillon, contrairement aux médias n’ont pas accès aux données, conclut qu’il se déssaisit sans classer ; Trois juges d’instruction qui 24h après leur nomination pour « poursuivre les investigations » décident une mise en examen non pas immédiate mais décalée de 15 jours, juste avant la date fatidique.

Tous ceux qui m’affirment que c’est le fonctionnement normal de la Justice mentent. Tous les fonctionnaires de France se mettent en retrait pendant les campagnes électorales, sauf les juges qui feraient du zèle ?

Bref, sauf à ne pas vouloir figurer sur la ligne de départ, la Droite n’a pas d’autre solution que de faire bloc autour de François Fillon, en espérant que les Français comprendront le caractère étonnant de cette charge médiatico-judiciaire et la remettront à sa juste proportion. Les Français n’aiment pas l’injustice et ils devront répondre à cette question : le traitement infligé à François Fillon est il proportionné et juste ? Et si non, pourquoi ?

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