Edito : La D2

Edito : La D2

Ne tournons pas autour du pot.
Avec un score proche de 8% en Vaucluse et au niveau national, les Républicains sont ce soir groggy et douchés. Nous sommes en effet proches du seuil critique en dessous duquel la marginalisation définitive devient possible, la relégation en 2ème division. La seule bonne nouvelle est la hausse de la participation.
Ce score est d’autant plus injuste que la campagne animée par François-Xavier Bellamy a été remarquable dans son souhait de parler du fond du sujet européen. Malheureusement, le mano a mano provoqué par Emmanuel Macron avec le RN a porté ses fruits, siphonnant dans les derniers jours quelques points d’électeurs empressés de « faire barrage au RN ».
Cette politique de « castor » est stupide.
D’une part, la manche a été perdue par le Président Macron, qui loin d’être une digue est un petit muret. D’autre part, elle a empêché d’avoir un débat serein en faisant de 24% des Français des pestiferés. Enfin, elle a remis en selle Marine Le Pen, dont les qualités présidentiables sont inexistantes. En Vaucluse, on notera cependant le reflux du FN par rapport à 2014 (- 4 points d’après les estimations).
A l’arrivée, pointons quand même avec délice (amer) que tous ceux qui expliquent qu’instaurer la proportionnelle permettraient de « mieux représenter les Français » ont la preuve par A + B que c’est faux, car on peut perturber la photo avec des âneries de « vote utile ». Ce soir, 20% des électeurs ne seront pas représentés au Parlement puisque seules 6 listes ont passé la barre de 5%. Il y aura une sureprésentation du RN et de LREM par rapport à la photographie de 2017.
A l’arrivée, il y a beaucoup de perdants : Macron qui voulait arriver premier, Melenchon siphonné par Le Pen, le PS, Dupont-Aignan et bien sûr nous, les Républicains.
La Droite doit arrêter de faire l’autruche, comme elle le fait depuis 2012, et nous devons mettre les sujets qui fâchent sur la table, sans personnaliser outremesure pour éviter les « guerres d’égo ». Nous devons changer de logiciel et reparler au peuple. Sinon, et bien… nous disparaîtrons.
Au modeste niveau qui est le mien, vous pouvez compter sur moi pour apporter ma pierre à l’édifice pour que ce scénario du pire n’arrive pas, parce que je suis et reste convaincu que le match de 2017 proposait deux mauvaises options, et que je ne souhaite pas revivre ceci en 2022.