Edito : La France à feu et à sang

Edito : La France à feu et à sang

Le 31 octobre dernier, j’avais interpellé le gouvernement sur la question du mouvement du 17 Novembre et conclu ainsi : « Je vous demande de geler l’augmentation prévue de la taxe carbone et de rendre aux Français le surplus de TVA que vous avez perçu. Si vous ne nous écoutez pas, alors écoutez le peuple, avant que la révolte ne se transforme en révolution ! »
Le gouvernement balaya mon interpellation en me disant que nous dansions sur un volcan… celui de l’environnement !
Emmanuel Macron a allumé un terrible incendie par son mépris. Faute d’avoir écouté la souffrance des gens, avant le 17 Novembre, il est pris au piège. Pour ainsi dire, quoiqu’il fasse, il sera perdant.
S’il cède à la rue, il perdra son aura de président tout-puissant et réformateur. Sa parole sera décrédibilisée, lui qui assurait le 16 Novembre que le gouvernement garderait le cap.
S’il ne cède pas, il prend le risque de voir se multiplier les insurrections partout sur le territoire, avec au mieux une catastrophe économique, au pire des blessés et plus de morts. Il est quasiment échec et pat.
Coté gilets jaunes, crier victoire néanmoins serait un leurre car l’opinion va se retourner. Il y a urgence à ce que tous ceux qui sont entrés dans ce mouvement citoyen pour obtenir des avancées concrètes sur leur pouvoir d’achat se désolidarisent des casseurs ultraviolents mais aussi de certains leaders qui ne veulent pas des mesures concrètes mais tout simplement renverser la République. Ne suivez pas ceux qui pensent qu’on peut par la rue revenir sur le scrutin de mai ou de juin 2017, ou qui veulent sous d’autres dénominations recréer une république des soviets avec un lexique directement inspiré des extrêmes.
Coté gouvernement, il est grand temps de changer de braquet. A court-terme, je préconise que le surplus des recettes de TVA sur le carburant perçues en 2018 soient rendu aux Français, que la hausse de la fiscalité écologique soit abolie pour 2019, et que des mesures d’augmentation du pouvoir d’achat (salaires, retraites, minimas…) soient prises au premier janvier. A moyen-terme, on peut envisager effectivement des états généraux du pouvoir d’achat avec des représentants des gilets jaunes.
L’ordre public doit enfin être défendu implacablement et nos forces de l’ordre soutenues. Le gouvernement est là aussi pour protéger tous ceux qui essayent de travailler malgré les actions menées, qu’ils les soutiennent ou non. Ceux qui ne sont pas d’accord avec les gilets jaunes ont le droit d’être respectés. Il est inconcevable qu’on s’attaque à des préfectures ou des magasins.
Ce qui est en train de naître, c’est un conflit entre Français. La France se fait mal à elle-même.
Nous entrons dans le mois de décembre, un mois important pour la vie économique, pour nos emplois. Personne n’a intérêt à un « mois de décembre noir » : les recettes fiscales s’effondreront en même temps que l’activité commerciale et le tourisme. Si la crise se transforme en crise budgétaire, ce sont les minimas sociaux, les retraites et les traitements des fonctionnaires qui seront menacés, mais aussi les services publics. Il n’est pas encore trop tard pour agir mais il faut que chacun revienne à la raison, sinon je crains un déraillement généralisé qui va faire ses premières victimes chez les citoyens les plus modestes.