Edito : Et au milieu, trône le Ventoux (II)

Edito : Et au milieu, trône le Ventoux (II)

Christian Estrosi, interrogé par France Bleu Vaucluse le 18 janvier, a confirmé la mission du médiateur régional sur le dossier du PNR en partant du constat que le territoire était très divisé à ce sujet – il a parlé de confrontations et de haines, mais aussi de nuances – et assumé que la Région trancherait en 2017. Il a notamment ajouté que le seul classement en Parc Naturel Régional pourrait interdire le passage du Tour de France sur le mont Ventoux.

Le médiateur – qui vient de l’exterieur du département – aura en effet à coeur de vérifier si le projet actuel est opérationnel (c’est à dire si un certain nombre de communes nonistes acceptaient de changer de position en échange de concessions sur tel ou tel point), ce que personnellement je doute fort ; ou s’il faut envisager des pistes alternatives – et dans ce cas lesquelles.

La législation sur les PNR s’est durcie en 2016 pour mettre en place des critères assurant que le projet atteint un certain nombre de critères (communes favorables, superficie, nombre d’habitants) afin d’éviter les “projets à trous” comme aux Baronnies. Le projet à 39 communes ne respecte pas 2 de ces critères nécessaires sur les 3. Ses défenseurs arguent que le projet étant antérieur, les nouveaux critères ne s’appliquent pas mais je vois mal le Ministère autoriser un projet dont on sait qu’il ne passerait plus la rampe avec la loi actuelle, au prétexte qu’il a mis 20 ans à sortir de terre. Il y a une réelle marge d’appréciation pour évaluer la qualité du projet.

Parce que je pense que le vrai sujet, c’est de concilier environnement et tourisme, j’ai moi-même avancé l’idée d’un classement des zones non construites du Ventoux, afin de prendre en compte les objections les plus sérieuses venant des pro-parcs. Le classement d’un site – une protection qui date des années 20 – est opéré pour permettre de protéger l’environnement malgré un fort afflux touristique, comme par exemple sur le Mont Blanc. Il n’interfère pas avec les pratiques comme la chasse. Ce classement effectué sur la seule montagne – sans création de structure dédiée et sans périmètre trop large aux alentours – nous pourrions envisager la soumission d’un label “Grand Site de France”, très peu octroyé encore actuellement en France, et qui vaut bien celui de PNR. Je pense que ce sont les maires du Ventoux qui seront les plus à mêmes de juger si cette piste est sérieuse – déjà plusieurs maires m’ont assuré qu’ils seraient prêts à étudier cette option pour sortir de l’impasse du Parc.

Nous verrons bien si d’autres alternatives existent – l’une d’elles étant l’arrêt total du projet sans solution de remplacement ou encore une solution intermédiaire de “mini-parc” pour la vingtaine de communes du sud Ventoux mais qui n’intègrerait plus vraiment la montagne à part Bedoin – et ce que le médiateur Michel Sappin, ancien préfet de la Région, proposera. Je dois le voir la semaine prochaine.