Edito : Les mots ont un sens

Edito : Les mots ont un sens

En voyage en Algérie en début de semaine, Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de « crime », de « crime contre l’humanité » et de « vraie barbarie », dans une interview à la chaîne algérienne Echorouk News, diffusée mardi 14 février.

Ce terme est révoltant. L’incrimination de “crime contre l’humanité” a été forgée pour désigner les crimes des responsables nazis, commis “dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique dirigée contre toute population civile”.

En d’autres termes, Emmanuel Macron explique que l’administration coloniale Française, et éventuellement les pieds-noirs, auraient planifié sur le territoire Français, une attaque systématique de la population musulmane et commis des crimes, qui au plan international, sont qualifiés ainsi :
– le meurtre ;
– l’extermination ;
– la réduction en esclavage ;
– la déportation ou le transfert forcé de population ;
– l’emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit international ;
– la torture ;
– le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, la stérilisation forcée ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable ;
– la persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d’ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste, ou en fonction d’autres critères universellement reconnus comme inadmissibles en droit international, en corrélation avec tout acte visé dans le présent paragraphe ou tout crime relevant de la compétence de la Cour ;
– la disparition forcée de personnes ;
– le crime d’apartheid ;
– d’autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé physique ou mentale.

Non, la colonisation en Algérie n’était pas un crime contre l’humanité,
Non on peut pas mettre un signe égal entre administration Française et les criminels nazis,
Non, il n’y a pas lieu de s’excuser pour plus d’un siècle d’administration coloniale qui a permis à l’Algérie de se développer, de s’urbaniser, et de se moderniser.

Pour les centaines de milliers de pieds-noirs qui ont aimé cette terre, qu’ils pleurent encore et qui ont eux-mêmes subi des actes atroces au moment de l’Indépendance, ces mots n’ont pas de sens. Ils fleurent la volonté de séduire sans réfléchir, de faire de la diplomatie maladroite et n’ont certainement pas leur place dans la bouche d’un candidat qui prétend aimer l’Histoire.

On fait attention aux mots qu’on met sur des maux.