EDITO : Onze choix, une seule question

La décision de TF1 de limiter le débat de ce soir aux « grands candidats » est à la fois pragmatique et violemment anti-démocratique. Pragmatique, car on ne peut pas débattre à 11, juste monologuer côte-à-côte. Anti-démocratique car on substitue au filtre prévu par la constitution (les parrainages des Maires) celui de la loi télévisuelle.

Pour pouvoir parler au peuple Français, il faudrait donc désormais deux sésames : celui – un peu daté – du Conseil constitutionnel et surtout, celui des sondages et de la loi d’arain de la noblesse médiatique.

Même si je ne pense pas que le gagnant de la présidentielle se trouve du coté des non-invités ce soir, je ne peux pas laisser passer un tel abus. Avec une telle règle, ni François Fillon, ni Benoit Hamon n’auraient été invités pour des débats pendant les Primaires. Curieux.

Comme le disait justement M. Asselineau ce matin, le législateur a substitué à l’égalité la notion d’équité mais ce sont bien les petits candidats qui ont un déficit de publicité, pas les gros. J’aurais préféré deux débats, avec 5/6 candidats tirés au sort.

Reste que le match de ce soir est capital, à l’heure où les Français de Droite se posent bon nombre de questions. La plupart ont trait aux affaires, à la moralité, à la justice, aux médias, à l’honnêteté, au respect de la parole donnée, au respect du résultat des primaires, au renouvellement de la classe politique, à la corruption, au favoritisme, à ce qu’ils peuvent croire ou ne pas croire… Certains s’interrogent sur ce qu’on aurait pu faire, dû faire.

Malheureusement, cette élection démocratique n’est pas faite pour répondre à de telles questions, mais plutôt pour doter la France d’un Président. Elle ne situe pas dans le conditionnel, le plus que parfait ou l’imparfait, mais le futur proche. Elle ne peut pas dire aux gens quels candidats on aurait dû avoir, mais ceux qu’on a.

Autant simplifier dès lors les choix. En l’état des sondages, la question qui se pose est « quelle alternance voulez vous ? »

Voter Fillon, c’est l’alternance par la Droite. Voter Macron, c’est l’alternance dans la continuité, car ce seront les mêmes hommes qui gouverneront. Voter Le Pen, c’est l’alternance radicale. Radicale cependant en apparence car tous les sondages pointent qu’au second tour, voter Le Pen permet d’avoir Macron, c’est à dire la continuité. Donc la Gauche.

Le choix est donc relativement simple : soit l’alternance à Droite, soit l’alternance au sein de la Gauche. Il va falloir trancher : préférez vous donner une seconde chance à l’équipe Hollande ou une seconde chance à François Fillon ?

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