Edito : Petain, le point godwin de Macron

Edito : Petain, le point godwin de Macron

Edito : Petain, le point godwin de Macron

10 000 : c’est le nombre de signatures que nous avons récoltées avec Oser la France pour protester contre la volonté de ne pas faire de défilé militaire le 11 novembre, au prétexte que les poilus n’étaient pas vraiment des soldats. C’est le signe que le Président a touché une corde sensible et que vouloir « transcender » l’Histoire n’est pas sans risques.

D’abord, à propos du 11 Novembre, rappelons qu’on célèbre un armistice, la paix, et les millions de Français qui ont donné leur vie au combat. Je dis bien : au combat. Célebrer l’armistice, même militairement, ça n’est pas insulter la réconciliation franco-allemande. Sauf que, malgré ce qu’a pu raconter l’armée de l’air dans un tweet qu’elle a ensuite supprimé, 1918 ne marque pas le début « d’un siècle de paix franco-allemande ».

Voilà comment on s’emmêle les pinceaux : le gouvernement, obnubilé par les prochaines élections européennes, veut utiliser politiquement le 11/11 comme un grand moment de réconciliation franco-allemande face aux « nationalismes » dont Orban ou Salvini seraient l’incarnation moderne. Macron lui-même préfère centrer le centenaire sur sa propre « itinérance mémorielle », sorte de chemin de croix dont il serait le Jésus salvateur. Adieu, le soldat inconnu : il n’y a de la place que pour le civil trop-connu.

Malheureusement pour Macron, la guerre de 14/18 n’est pas survenue après mais AVANT les années 30 où les nationalismes qu’ils ciblent dans ses allocutions ont bouillonné. La guerre de 14/18 fut une guerre causée par la rigidité des préparations militaires et des alliances, et la démission de l’élite politique européenne face à des généraux qui rêvaient d’en découdre.

Malheureusement, c’est en 1945, voire plutot en 1950 et non en 1918 que la réconciliation franco-allemande s’est amorcée.

Le point godwin a ainsi été rapidement atteint par l’Exécutif qui, on le sait, avait déjà réhabilité Marcel Audin, l’ami du FLN ennemi de l’armée francaise en Algérie, puis honoré HochiMinh, le bourreau de Dien-Bien-Phu en Indochine, et qui maintenant parle de célébrer le maréchal Petain. Rappelez moi qui en 1945 a été frappé d’indignité nationale, et s’est vu confisqué ses titres, dont celui de maréchal ?

Le « soldat » Pétain est un grand homme, mort en 1925, comme disait de Gaulle.

La coupe est pleine : on ne peut pas, quand on est Président, systématiquement célébrer ceux qui ont fait du tort à la Nation.

Subsiste ensuite un mystère et un paradoxe : comment peut on d’un coté expliquer qu’on ne veut pas célébrer le volet militaire du 11 Novembre puis prétendre honorer la mémoire d’un homme comme Pétain, uniquement sous l’angle de son apport MILITAIRE, en oubliant du même coup son rôle carastrophique ultérieur dans le collaborationisme avec l’Allemagne ?

Bilan des courses : la France sera le seul pays qui n’honorera pas son armée le 11 Novembre mais qui rendra un hommage, main dans la main avec l’Allemagne, notamment à celui qui osa serrer la main d’Hitler à Montoire.