EDITO : Tout obstacle renforce la détermination

EDITO : Tout obstacle renforce la détermination

« Tout obstacle renforce la détermination. Celui qui s’est fixé un but n’en change pas » (Léonard de Vinci)

Alors que j’entame la dernière année de mon mandat législatif, voici que s’achève une quatrième année riche en rebondissements, une sorte de « course d’obstacles » dans un environnement politique de plus en plus sombre. Les points le plus saillants des 365 jours écoulés auront bien évidemment été l’accession en octobre de ma suppléante, Dominique, à la mairie d’Apt (avec un score qui montre que le Front National n’est pas le seul horizon de la politique locale), suivie, plus modestement, de mon élection en décembre comme conseiller régional. Ce n’est pas moins de huit conseillers régionaux LR qui, désormais, représentent le Vaucluse, dans le sillage de notre Président Christian Estrosi. Au plan politique, les résultats de décembre incitent évidemment à la modestie. La crise Française est patente et les partis de gouvernement désavoués. Pour ma génération, il y a urgence à inventer un nouveau modèle et ne pas laisser la République aux publicitaires et aux prédicateurs. Voilà pourquoi, je me suis appliqué à faire de ce mandat exécutif un mandat « utile ».

Devenu 3ème Vice-Président en charge des finances, j’ai désormais la possibilité d’oeuvrer très directement pour notre territoire en agissant sur les leviers de développement économique. Les premiers résultats sont là, avec le déblocage d’1,3 million d’euros pour le CFA de Carpentras et l’organisation d’une grande consultation démocratique sur le projet de PNR – après des années d’omerta – qui a permis de montrer la fracture territoriale sur ce projet. Nous marchons sur la tête : depuis des années on fait avancer un projet à grands coups de subventions sans se préoccuper de l’opposition des premiers intéressés, les élus du Mont Ventoux lui-même.

La seule contrepartie négative de cette élection aura été de démissionner du poste de conseiller municipal de Carpentras, immédiatement présentée par mes adversaires comme « un départ de la ville », alors qu’il s’agissait tout simplement de l’application de la loi sur le cumul des mandats.

On pourrait penser que le temps consacré à mon deuxième mandat se soustrairait au premier. Il n’en est rien. Malgré la campagne électorale et un arrêt forcé de deux mois en mars-avril 2016 pour raisons médicales, je suis toujours classé parmi les députés les plus actifs de l’Assemblée nationale et je prends toujours autant de plaisir à venir animer des réunions citoyennes dans les communes de ma circonscription pour expliquer le travail qui est le mien, ou bien assister aux diverses manifestations qui font vivre notre département. Je suis également très attentif à mener les combats utiles, à Paris ou ailleurs, pour le Vaucluse.

Au plan du territoire, l’année 2015-2016 aura ainsi été marquée par l’abandon du projet d’éoliennes sur le plateau d’Albion – où j’ai utilisé ma fonction de président du groupe Energie à l’Assemblée pour faire entendre la voix des citoyens du plateau hostiles à cette défiguration environnementale – et par un autre combat qui ne fait que débuter – celui des nuisances sonores dans le PNR du Luberon. Ceux qui me dépeignent comme un être manichéen hostile à l’environnement et aux parcs naturels n’ont rien compris.

J’ai également dépensé beaucoup de temps et d’énergie pour empêcher (en vain) l’interdiction du dimethoate, seul produit capable de préserver l’avenir de la cerise vauclusienne. Se battre pour une cause juste, c’est déjà une victoire. Ayant participé à la délégation partie convaincre l’ANSES, puis ayant débattu avec les services et les membres de cabinets ministériels, je ne peux que constater – effaré – l’impasse dans laquelle la France s’est enfermée toute seule. Nous avons interdit, seul en Europe, un produit… En voulant ensuite appliquer une clause de sauvegarde capable d’empêcher les produits traités au pesticide de rentrer sur le territoire… Qui nous a été refusée par les autorités européennes. Notre production risque tout bonnement d’être remplacée par les importations européennes traitées au dimethoate. Où est l’Europe qui protège ?

Je continuerai la lutte en 2016-2017 pour la lavande et l’ineptie de la règlementation REACH.

Toujours dans le registre de la défense de nos territoires, je suis intervenu pour la défense des buralistes par rapport au paquet neutre (seul député du département présent), ainsi que sur la clarification de la loi Evin (possibilité de distinguer publicité et information œnologique). Là encore, je faisais partie des 3 députés de la vallée du Rhône présents.

Enfin, je tire une grande satisfaction d’avoir réussi à mener la fronde contre cet amendement inepte déposé par un collègue écologiste visant à interdire la chasse à la glu, pratiquée dans 5 départements de la Région. Il aura fallu du temps et de la pédagogie pour expliquer à mes collègues « du Nord » que la chasse à la glu était une capture et non un massacre de petits oiseaux à grande échelle.

Au plan national, une bonne partie de l’année 2015 aura été consacrée à ma proposition de réforme du RSI, avec Bruno Le Maire. Une centaine de collègues nous a suivis dans cette aventure qui s’est hélas soldée en décembre dernier par une fin de non-recevoir cynique par la majorité. J’écris cynique, car quelques jours plus tard, le gouvernement a osé expliquer qu’il fallait faire une réforme de ce régime. Je suis cependant convaincu que tout ce travail n’a pas servi à rien : le RSI est désormais un sujet repris par les principaux candidats de la primaire, et c’est la meilleure manière d’arriver à une réforme.

Je participerai modestement à cet exercice démocratique en étant président du comité d’organisation en Vaucluse et à l’heure où j’écris ces lignes, mon parrainage reste « libre de toute attache ». J’entends prioritairement me consacrer en effet à cette tâche d’arbitre plutôt que de prendre parti. Je suis heureux au passage de constater qu’Alain Milon, sénateur de Vaucluse, dont j’avais soutenu la candidature à la Fédération des Républicains en tant que président du comité de soutien, a entamé avec Jean-Baptiste Blanc, secrétaire départemental, et Dominique Santoni, vice-présidente, la nécessaire reconstruction de notre mouvement. Cela passe par un assainissement des pratiques politiques et un renouvellement accéléré de nos instances.

Cela passe aussi par une approche de la chose publique « par le terrain ». De la même manière que pour l’Energie ou le RSI, où j’ai rencontré des centaines d’acteurs concernés sur le territoire avant de formuler mes propositions, j’ai souhaité passer une journée à l’Ehpad d’Apt « La Bastide des lavandins » pour comprendre la réalité du travail de ces femmes admirables qui accompagnent nos aînés. Ceci fut une des expériences les plus intenses qu’il m’ait été donné de vivre cette année.

Avec le temps, on acquiert un rythme de croisière et on impose son style. Le mien se veut le plus simple possible : faire ce que je dis, dire ce que je fais, et m’y tenir. La scène politique est encombrée de « beaux-parleurs » qui promettent des lendemains qui chantent ou des régénérations identitaires. Il est évident qu’en moins de six mois, le gouvernement a perdu sa majorité, et la majorité le contact avec le pays. La France est bloquée, son système politique sourd et aphone, la détresse de ses forces vives évidente. Je formule le souhait qu’en 2017, la France se dote d’un Président « de combat ». Nous sommes en guerre à l’extérieur de nos frontières, mais aussi à l’intérieur. Il devient urgent de rassembler les Français si nous voulons survivre, et gagner. La leçon des élections régionales et que notre peuple est éparpillé, façon puzzle

No Comments

Post A Comment