Le terrorisme des mots

Le terrorisme des mots

Il n’est pas possible de s’inquiéter des récents actes de terrorisme sur le sol national – j’expliquerai pourquoi j’utilise à dessein ce terme – sans qu’en commentaire une belle âme ne critique en me reprochant d’attiser les flammes de la xénophobie.

Je crains que ce ne soit justement ces beaux esprits qui ne précipitent par leur absence de réaction et surtout de condamnation, cette fameuse xénophobie.

Après les agressions récentes, ma compassion va aux policiers attaqués et aux 11 innocents passants qui s’apprêtaient à fêter paisiblement la fin d’année et qui sont les véritables victimes de ces agressions gratuites.

Les médias, chaque fois qu’il y a une attaque en ce sens, aiment à dépeindre le responsable comme “un marginal”, un “déséquilibré, “un fou”. Cela permet de s’endormir sereinement en se rassurant : il n’y a pas d’attaque terroriste sur le territoire, juste quelques malades qui profitent de l’actualité pour commettre des actes violents.

Ce sont des calembredaines.

De toutes temps, l’Occident s’est plu à présenter – à tort – le terroriste comme “un fou”. On parlera par exemple “des fous d’Allah”. Au contraire, le terroriste est tout sauf fou. Il est même hyper-rationnel : il utilise sciemment la violence pour terroriser son adversaire et atteindre son objectif politique. Le 11 septembre n’était pas l’affaire de fous mais d’une poignée d’individus bien décidés – jusqu’au sacrifice suprême – à faire reculer l’Occident.

Les actes des derniers jours sont des actes de micro-terrorisme. C’est de la dissuasion du faible au fort. En Israël, des actes similaires sont commis. Cela fait des mois que le gouvernement redoutait ce moment.

Hier à Dijon, le terrorisme est né car il a frappé des populations civiles, avec une revendication politique. “Dieu est grand” et revendication sur la Palestine. J’appelle tous mes amis musulmans à ne pas se cacher derrière le petit doigt : ce n’est pas en minimisant qu’on règlera le problème, bien au contraire.

Rappelez-vous Mohammed Merah, présenté comme “un loup solitaire” : il s’est avéré que pour un solitaire, il était très bien préparé et informé.

Rappelez-vous ces jeunes partis faire le djihad. Les chaînes d’information se sont évertuées à expliquer leur geste par des motivations psychologiques (absence du père, pauvreté, troubles médicaux…) jusqu’à ce que l’on s’aperçoive que l’un d’eux était un de ces fameux “Français de souche” élevé dans une famille sans histoire et sans antécédents de délinquance.

En URSS, lorsque vous pensiez différemment, on vous envoyait à l’asile car vous étiez présenté comme un déséquilibré. Les actes des derniers jours ont peut être été commis par des fous, mais des fous se réclamant très clairement d’une motivation politique éminemment rationnelle.

Voilà pourquoi, la facilité est de hausser les épaules, soupirer qu’il y a plus de fous cette année que l’an dernier, et pointer un doigt accusateur contre quiconque oserait faire le lien avec l’islam radical, le terrorisme, ou un mouvement coordonné. Vade retro amalgame et exagération.