Friday, bloody Friday

Friday, bloody Friday

Un spectre hante la France, le spectre du Djihadisme.

Lorsque l’URSS s’est effondré en 1991, les observateurs de l’époque ont soupiré de soulagement en annonçant un nouvel âge d’or, une “mondialisation heureuse” axée sur le développement économique proclamant la fin de l’ancien monde des Nations. La Guerre froide serait “la der des ders”.

Ils ne se sont pas trompés en prévoyant que nous irions vers une interdépendance très forte : celle-ci régit désormais les rapports internationaux. Ils se sont sans doute illusionnés en pensant concilier ouverture totale des frontières, démocratie nationale et paix internationale.

Le 11 septembre 2001, la démocratie libérale a découvert un nouvel adversaire protéiforme né de la réaction identitaire à la Mondialisation et à la Pax americana. Ce nouvel Ennemi n’a pas la forme étatique du nazisme ou du communisme mais il est tout aussi redoutable car son projet est universel et radical : l’islamo-fascisme entend briser le socle culturel judéo-chrétien, qui fonde la démocratie, en proclamant la soumission à une règle religieuse fantasmée, au mépris du respect de la vie humaine, de la culture, et de la liberté. Pour se faire, il entend exploiter la présence de millions de musulmans sur le sol européen en fracturant nos sociétés de manière à ce que la terreur mène à la guerre civile et à l’affrontement.

La démocratie est un curieux régime : elle peut nourrir, au nom de ses conceptions supérieures, son adversaire, même si celui-ci entend le détruire. Nous savons que sur le sol national, certains cèdent aux mirages de Daesh et travaillent contre l’intérêt de la Nation. Toute tumeur a ses métastases.

La première question est : quel traitement leur réserver, à partir du moment où certains ont été repérés et fichés ? Lutter, cela signifie se poser la question de ce qui est fondamental et sur lequel nous ne pouvons pas transiger au risque de perdre notre colonne morale, et ce qu’il faudra sacrifier pour préserver l’essentiel. Il va falloir faire des choix : nous ne pourrons pas concilier la sécurité des Français, des libertés maximales et des frontières inexistantes. Le monde est dangereux.

Les derniers débats sur la loi sur le renseignement intérieur ont illustré ces choix cornéliens et ce matin je pense que j’ai fait le bon choix en la votant : nous devons faire confiance dans le gouvernement de la République pour lutter contre la barbarie.

La seconde question est plus prosaïque : que sommes nous prêts à risquer pour affronter Daesh sur son sol, en sachant que la haine qui s’abat sur l’Occident est la conséquence directe des interventions militaires que nous avons soutenues par le passé ?

L’islamo-fascisme n’est pas un ennemi plus puissant que nous. Le terrorisme est une tactique qui permet au faible de dissuader le Fort. Notre faiblesse est interne et psychologique : ce qu’il faut c’est casser les tabous sur le contrôle des frontières, sur le traitement juridique des ennemis de la République, sur l’usage de la force pour faire triompher nos valeurs (ce qui suppose d’assumer le fait que nous croyons en notre identité et en notre civilisation).

C’est enfin accepter qu’une guerre reste une guerre : le zéro mort n’existe pas et malheureusement il ne peut y avoir qu’un seul vainqueur dans le combat à mort qui s’annonce avec l’Anti-Civilisation islamiste.