Homme, femme, bidouillage : mode d’emploi

Homme, femme, bidouillage : mode d’emploi

Après le Sénat, c’est maintenant au tour de l’Assemblée d’examiner le projet de réforme des élections cantonales. Quel impact le texte aura-t-il? Assurera-t-il une meilleure représentativité? Permettra-t-il de rendre plus efficace l’action du département dans nos vies quotidiennes? Rendra-t-il les collectivités plus économes?

Non ! Rien de tout cela!

En effet, le but quasi-avoué de cette réforme est tout d’abord de revenir sur ce que le gouvernement précédent avait décidé de mettre en place: le conseiller territorial. Celui-ci n’était ni plus ni moins que l’élu d’un canton siégeant à la fois au département et à la région. Un seul élu pour le département et pour la région, ça voulait dire moins d’élus, mais plus en phase avec la réalité du terrain.

Ce que le gouvernement socialiste propose est en tout point différent.

Le texte prévoit une diminution d’environ 50% du nombre de cantons, certes. Mais avec plus 135 élus de plus qu’aujourd’hui! Comment font-ils? C’est simple : chaque canton sera représenté par un binôme d’élus qui devra obligatoirement être composé d’un homme et d’une femme.

Moralité de l’histoire, ce sont les cantons ruraux qui payeront la note. Ils seront moins bien représentés car intégrés dans d’immenses cantons incluant de grands ensembles urbains.

A titre d’exemple, dans le Vaucluse, nous passerons de 24 cantons pour 24 élus à 15 cantons pour 30 élus. Même le président du conseil général et sénateur de Vaucluse s’en est plaint! Pourquoi? Parce que la Dordogne, par exemple, qui compte 100 000 habitants de moins que le Vaucluse, aura toujours 2 fois plus de cantons et d’élus que notre département! C’est aussi ça la magie de la représentativité selon les socialistes…

Ce curieux couple est au surplus une négation de la démocratie représentative car il sous-entend que les élus doivent refléter la réalité biologique de la société : un homme représente des hommes, une femme représente des femmes. Quid après ? 2 députés ? 2 Présidents de la République ?

Mais ce n’est pas tout. Le projet du gouvernement revient sur la règle qui limitait les triangulaires. Pourquoi ? Pour augmenter le nombre de triangulaires tout simplement. Car les triangulaires sont généralement plus profitables à la gauche qu’à la droite.

En outre, il veut imposer toujours plus de proportionnelle dans les modes de scrutin ce qui détachera les élus du peuple en faisant des appareils des partis les véritables décideurs et « faiseurs d’élus ».

Face à ce constat, j’ai déposé plus d’une centaine d’amendements avec plusieurs de mes collègues du groupe UMP. Certains de ces amendements proposent de démontrer la logique absurde et dévoyée qui réside dans l’idée du binôme, en instaurant des quotas de personnes issues de toutes les catégories socio-professionnelles afin d’assurer une réelle représentativité. D’autres, plus techniques, reviennent sur la délimitation des cantons, proposent de créer des “zones prioritaires de représentativité politique” qui couvriraient les cantons ruraux ayant disparu. J’ai enfin pris mes responsabilités en proposant de réunifier des villes de moins de 35 000 habitants découpées en 2 cantons ou 2 circonscriptions législatives comme Carpentras. Ce découpage est préjudiciable à l’identité de la ville. Même si cette réunification n’est pas forcément dans mon intérêt politique, étant arrivé derrière le PS et le FN. J’assume !

Soyez assurés de ma plus totale opposition à ce texte. Je saurai être ferme face à ce tripatouillage électoral.