Il faut se dépêcher d’Henri avant d’en avoir à en pleurer

Il faut se dépêcher d’Henri avant d’en avoir à en pleurer

Il fallait voir les mains tremblantes d’Henri Guaino et la violence de sa charge contre la magistrature pour comprendre son émotion, mercredi dernier, aux questions au gouvernement.

Sa question, aussi radicale et enflammée fut-elle, était un réquisitoire contre la place Vendôme, le cri alarmé d’un Républicain contre un système qui prétend dire le droit et qui en réalité baillonne le dire. Pour avoir osé défendre un politique (qui sera finalement innocenté), Henri Guaino a été condamné.

Maintenant, ce n’est pas fini : après lui avoir “rabattu le caquet”, comme aux autres (Villiers, Seguin, Chevènement etc…), ces “francs-penseurs” qui avaient le malheur de croire en la grandeur du politique, les médias bien-pensants entament l’étape deux : la disqualification de l’impétrant. La Gauche a d’abord ricané en laissant entendre que ses collègues avaient honte de la question de Guaino. Erreur : peut être aurait il été mieux valu qu’on le laissât finir sa question, en effet. Peut-être sa violence verbale, écho de la violence du jugement dont il a été la victime, aurait pu être de moindre intensité. Mais le fond reste et son message est noble car terriblement pertinent.

Ensuite, le “Paris qui pétille” a riposté…
L’article ci-joint du Monde est la preuve vivante de ce type de contre-attaque : Argument de base : Parce que ses mots sont violents, sa pensée ne mérite pas qu’on s’y attarde : le pauvre, il zozotte. Il ne lui manque plus qu’un entonnoir sur la tête, comme au père Debré. Guaino est obsédé par la justice, sous entendu : il est fou, il mène une charge déraisonnable, il n’est pas sérieux.
L’obsession, un terme que le Monde aime utiliser pour Nadine Morano (“l’obsession anti-voile” dans un article intitulé “Nadine Morano, l’incarnation d’une dérive”).

Depuis l’URSS brejnevienne, aucun autre régime n’avait autant instrumentalisé la question mentale pour “étouffer” un dissident.
Zemmour ? Relisons Ruquier : “Je pense qu’il est tombé dans sa propre caricature. C’est l’engrenage médiatique qui le rend fou”.
Houellebeq ? Le Monde dans un long portrait intitulé “les six vies de Michel Houellebeq” suggère le même message : “Mais Houellebecq devient comme fou (…) « Pour ne pas mettre en danger la santé de Michel », son ancienne compagne est contrainte de décommander le deuxième rendez-vous”.
Finkielkraut ? Le Monde, dans un article intitulé “Alain Finkielkraut, les nerfs à vif” reprend exactement le même schéma que pour marginaliser Henri : “Alain Finkielkraut fait résonner ses angoisses avec l’air du temps. Ces derniers jours, chaque fait d’actualité a semblé rejoindre ses obsessions et appeler son commentaire (…) les thèmes de l’identité et du vivre-ensemble s’imposent de manière de plus en plus obsédante dans ses paroles et ses écrits.”

Henri Guaino entre donc dans la longue cohorte des “fous” qui osent penser et proclamer une vérité différente. Moralité : Tant mieux, plus on est de fous, plus Henri !