Impôt, trop loin

Impôt, trop loin

Forts de leurs certitudes, les socialistes sont arrivés au pouvoir avec deux mantras : il suffirait d’escamoter Nicolas Sarkozy pour que la France aille mieux, un peu comme on enlève une tumeur cancéreuse ; les riches avaient largement profité sous le quinquennat précédent et allaient payer pour “le rêve Français”. Bilan : ils sont arrivés à précipiter la fin du modèle social français, désormais devenu synonyme d’ogre social.

C’est en soi une gageure. Jusqu’ici, pour les Français, l’Etat-Providence était une vache sacrée, un “mythe”. Nous sommes légitimement fiers d’un système universel et généreux qui instaure la solidarité avec les plus faibles. C’est même une particularité de la France : la taille de l’Etat ne fait pas (vraiment) débat entre la Droite et la Gauche, contrairement aux Etats-Unis.

On achève bien les vaches…

Les socialistes voulaient imposer la solidarité. Ils ont réussi à populariser le mot “assistanat”. Les socialistes s’étaient fait élire sur “la justice sociale”. Ils ont condamné à la pauvreté des millions de Français, frappés par des hausses d’impôt à n’en plus finir. Bref, ils ont scié la branche sur laquelle ils étaient assis.

Il faut dire qu’il fallait se prétendre socialiste pour taxer les PEA ou les assurances-vie !

Quel gâchis : fin 2012, le gouvernement avait annoncé qu’il lèverait 20 milliards d’euros, 10 sur les ménages (mais 9 sur 10 ne seraient pas touchés…) et 10 sur les entreprises. Un an plus tard, au lieu de la hausse de 20 Mds escomptée, l’Etat n’a pêché que 4 petits milliards. En d’autres termes, 75% de la masse fiscale s’est évaporée.

Les plus riches ont nagé jusqu’à une rive plus accueillante et contemplent tristement, le Titanic, de loin. Les “non délocalisables”, eux, ont fait la grève du zèle, ont péri, ou bien sont passés au travail au noir.

Et ce n’est pas fini ! Sous couvert de “remettre à plat le système fiscal”, le gouvernement entend désormais rendre progressif la CSG, ce qui frappera durement des millions de ménages.

Les socialistes voulaient réhabiliter l’impôt. Ils l’ont tué.

Désormais, c’est une coupure radicale avec la Gauche que la Droite doit promouvoir : arrêtons d’accepter cette fable comme quoi l’impôt sur le revenu devrait être “progressif”, car cela serait “plus juste” : un impôt à tranches fixe, proportionnel au revenu, fait bel et bien plus payer les plus aisés que les plus pauvres. La CSG en est un très bon exemple, et la Gauche s’en est bien accommodée.

Je propose donc que l’impôt sur le revenu converge vers la CSG, mais pas dans le sens proposé par le gouvernement : plus que deux tranches, fixes, sans autre niche ou mécanisme qu’un abattement pour la politique familiale. Simplifions, il en restera bien quelque chose ! Et sauvons l’impôt avant qu’il ne soit trop tard…