Julien Aubert répond à Marion Le Pen qui demande de revenir à la lecture initiale de la Constitution

Julien Aubert, Député de Vaucluse, répond à Marion Le Pen qui demande de revenir à la lecture initiale de la Constitution de la Vème République.

Le député Marion Maréchal Le Pen souhaite déposer une proposition de loi visant à supprimer toute révision constitutionnelle par la voie du Parlement réuni en Congrès.

L’explication juridique donnée par le député a de quoi surprendre puisque Mlle Le Pen, ralliée très fraîchement au Gaullisme que son grand-père a combattu, souhaite revenir à la lecture initiale de la Constitution de 1958, ce qui est un contresens historique et une erreur juridique. Si l’article 89 (qui porte sur les révisions constitutionnelles) est placé dans le titre « de la révision » et  l’article 11 (relatif au référendum) dans le titre relatif au Président de la République, ce n’est pas sans raison : le référendum, élevé en règle de principe par Marion Le Pen, est bel et bien l’exception. En effet, Michel Debré, père de la Constitution de la Vème République, disait du référendum qu’il est un « moyen, évidemment assez exceptionnel » devant « être à la disposition du Président de la République pour des cas eux-mêmes exceptionnels, c’est-à-dire pour ce qu’il pouvait y avoir d’essentiel dans l’organisation des pouvoirs publics, ou dans le choix de certaines options fondamentales en matière internationale. »

Sur le fond, la proposition est du reste démagogique et inapplicable. Si le législateur passe par la voie du Congrès, c’est bien souvent pour éviter de déranger le citoyen avec n’importe quel sujet, comme par exemple la question de la définition de l’ordre du jour des deux assemblées. Il n’y a qu’à voir la participation à certains référendums pour comprendre que vouloir systématiquement contourner le Parlement n’est pas gage d’une meilleure participation populaire. Il est du reste assez contradictoire de se plaindre continuellement d’une absence de représentation parlementaire en rapport avec les scores électoraux du FN, et de plaider dans le même temps pour une dépossession d’une prérogative majeure de ce même Parlement.

« Marion Le Pen ment aux Français et s’offre un coup de pub. Par ailleurs, elle agite la question européenne comme point de départ de sa réflexion. Or, à bien y regarder, sa proposition n’est pas une solution, au contraire ! J’ai pour ma part déposé il y a déjà plusieurs mois une proposition de loi constitutionnelle visant à soumettre au référendum toute modification des traités européens, comme c’est déjà le cas au Danemark ou en Irlande. Cette proposition est la seule qui soit en concordance avec les véritables valeurs et idéaux du Gaullisme et de la droite républicaine. », déclare Julien Aubert.

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