Julien Aubert s’étonne des propositions du Président de la République en matière d’énergie

Julien Aubert s’étonne des propositions du Président de la République en matière d’énergie

Julien Aubert, député de Vaucluse et président du groupe d’études Energies à l’Assemblée Nationale, a été quelque peu étonné par la proposition du Président de la République de “créer une communauté européenne de l’Energie” pour “assurer la transition énergétique”.

Sur la méthode tout d’abord, les acteurs de la concertation menée par le ministère de l’écologie sur la transition énergétique apprécieront sans doute que le Président de la République préjuge de la conclusion des travaux avant qu’ils n’aient réellement été clos, en prétendant coordonner avec nos voisins notre stratégie nationale. Celle-ci est loin d’être aussi évidente que ce que semble induire l’Elysée, la décision de fermer une centrale à Fessenheim se heurtant déjà aux recommandations de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN).

Sur l’opportunité, ensuite : il est sans doute de l’ordre des choses qu’après avoir refondé l’école, le Président souhaite refonder la CECA en modernisant son orientation, mais c’est oublier qu’il arrive un peu tard et que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) s’occupent déjà très bien de cette coordination des stratégies nationales en matière d’énergies renouvelables au niveau occidental et mondial. Une nouvelle structure, greffée sur la multitude d’organes bruxellois, est-elle véritablement nécessaire ?

Il est possible d’en douter : alors que la production de charbon était facteur de rapprochement, car permettait des exploitations et des industrialisations complémentaires, le modèle économique des EnR, notamment dans le solaire, est différent et se caractérise plus par une compétition des acteurs, sans marge de coopération. Au surplus, la France, pays très nucléarisé, est dans une situation très différente de celle de ses voisins européens, et la transition énergétique est vue différemment d’un pays à l’autre.

Quant à la proposition d’investir sur quatre filières, dont celle de la transition énergétique, cela revient de facto à investir là où la France est distancée par les autres pays (les EnR) au détriment de la filière où elle possède un avantage stratégique décisif (les 3ème et 4ème générations nucléaires). C’est un suicide industriel pour un pays qui possède de moins en moins de secteurs pilotes.