Le magicien d’Oz

Le magicien d’Oz

L’heure est grave. Le chômage empire de mois en mois et atteint des plafonds historiques, du fait de la crise mais aussi des mesures contre-productives assénées par le gouvernement actuel (comme la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires). L’Europe vacille à nouveau après la funeste décision de taxer les épargnants chypriotes directement sur leurs comptes bancaires. La justice s’émancipe de plus en plus et trahit la volonté des Français en rendant des décisions ineptes sur la laïcité. La société Française est secouée par des affrontements de plus en plus violents, hélas alimentés par le gouvernement pour masquer son désarroi (l’exemple de la loi sur le mariage pour tous en est l’illustration).

La conclusion logique est la montée des extrêmes, qui présentent l’avantage de n’avoir jamais gouverné et qui peuvent donc promettre tout et son contraire. Pourtant, le peuple devrait facilement s’en souvenir : François Hollande, aussi, voulait « réenchanter le rêve Français », chantant monts et merveilles aux électeurs. L’illusion a fonctionné mais ce n’est pas « Alice aux pays des merveilles » qui a été in fine lu au peuple Français, mais plutôt « Le Magicien d’Oz ».

Dans le livre éponyme de Franck Baum, écrit pour des enfants, il est question de symboles et surtout de politique : Entre 1883 et 1897, à la fin de l’Âge d’Or américain, il y avait eu aux États-Unis une dépression. Les agriculteurs de l’Ouest s’étaient endettés lourdement, et la campagne présidentielle américaine avait porté sur le maintien de l’étalon-or. Une dévaluation du dollar aurait permis d’alléger le fardeau des personnes endettées mais ce fut le candidat républicain, anti-dévaluation, qui fut élu. Les personnages du livre représentent la société américaine allant demander de l’aide au « magicien » du Parti républicain…

On pourrait écrire, à la suite de la campagne de 2012, la suite de cet ouvrage allégorique car François Hollande avait lui aussi affronté Nicolas Sarkozy en promettant une alter-politique fictive qui a in fine emporté l’adhésion des Français. Dans ce livre, le bûcheron en fer blanc d’Aulnay-sous-Bois (symbolisant l’industrie automobile), l’épouvantail (l’Agriculture française, terriblement malmenée), et le lion courageux (Nicolas Sarkozy) pourraient, à la suite de Dorothée (le Français moyen) prendre la direction de la cité Rose où vit le magicien d’Oz, pour lui demander des comptes sur l’état d’avancement du grand réenchantement du rêve Français.

Cet ouvrage bis, malheureusement, connaîtrait un faible succès en librairie, et ce pour une raison très simple : les lecteurs en connaîtraient déjà la fin. Au bout du chemin, ils réaliseraient, comme dans le titre original, que le magicien d’Oz est hélas un charlatan, incapable de tenir ses promesses et tentant de garder son pouvoir en multipliant les artifices pyrotechniques. Il ne suffit pas de tuer la méchante Sorcière de l’Est (madame Merkel) pour que tout s’arrange…