Le mystère de la Chambre Rose : le gouvernement était fermé de l’intérieur

Le mystère de la Chambre Rose : le gouvernement était fermé de l’intérieur

Nous fêtons les six mois du gouvernement Ayrault.

Si l’opposition parlementaire a été à ce point surprise par l’amateurisme de certains ministres, et donc la multiplication des couacs et autres dérapages, c’est parce que cette absence de compétence dans la méthode contraste avec la morgue dont ont fait preuve certains responsables politiques de la majorité. L’aveuglement idéologique de certains les a conduits à proposer un projet de loi de finances liberticide qui met dans son collimateur les créateurs d’entreprises et les professions libérales. Toutes critiques de l’opposition, toutes tentatives d’amendement aux lois qui nous étaient proposées ont essuyé la même réponse : le déni, le mépris, l’autisme.

Le citoyen lambda, qui se fiche pas mal des partis et regarde surtout l’intérêt de son pays, cherchera avec un désarroi certain quelle proposition de l’opposition a été acceptée en six mois. Il n’en trouvera aucune, depuis les sujets les plus graves (procréation médicalement assistée pour les couples de même sexe, exonérations de cotisations sociales pour les travailleurs agricoles …) jusqu’au moindre amendement de forme ou de fond présenté en séance. La Droite a tort, parce qu’elle a perdu.

Cet exercice solitaire du pouvoir a fini par menacer d’implosion la majorité, les communistes et les écologistes étant traités quasiment de la même manière. Entre les lois annulées pour cause d’amateurisme ministériel (cf. la loi sur le logement social), et les lois rejetées par les alliés du PS (cf. textes de programmation budgétaire pluriannuelle ou la loi de financement de la sécurité sociale), le bilan est maigre.

Tout n’est pas noir : le gouvernement a fini par comprendre que sa conception néo-marxiste de la société et de l’économie, qui imbibe l’esprit d’une partie du gouvernement, n’a rien à voir avec le monde réel, celui qui dans lequel évoluent tous les jours des milliers de chercheurs d’emplois, de patrons de PME, ou de commerçants. Il faut donc se féliciter du mini-virage qu’a pris François Hollande sur la TVA sociale, ainsi que sur d’autres mesures idéologiques comme le droit de vote des étrangers.

La question-clef de notre société moderne est celle du partage : comment partager la richesse, le travail, mais aussi les droits et les devoirs. Le bréviaire socialiste ne connaît que la répartition, c’est-à-dire le découpage. Les 35 heures en sont l’illustration la plus criante. Le partage suppose autre chose : des principes, une adhésion à un projet commun. Partager suppose la confiance. Or, le gouvernement a une conception de la société basée sur la défiance : défiance à l’égard des médecins « qui volent les malades avec leurs dépassements d’honoraires » ; défiance à l’égard des maires « qui refusent de construire des logements sociaux et qu’il faut punir » ; défiance à l’égard de l’opposition « qui veut le malheur de la France ».

Je souhaite que les six mois à venir soient consacrés à l’union nationale et à la confiance. Notre pays est malade de son économie. Il faut sortir d’une lecture idéologique, partisane, stérile de la vie, de la société et de la conduite de la politique de la France. J’avais trouvé que Nicolas Sarkozy allait un peu loin dans l’ouverture, j’espère que François Hollande n’en fera pas trop dans la fermeture…