“Les cadets-Bourbon sortent de l’ombre” (l’Opinion, le 2 juillet 2013)

“Les cadets-Bourbon sortent de l’ombre” (l’Opinion, le 2 juillet 2013)

 

cadets

Les faits – L’Opinion publie la première tribune de ce groupe de députés élus pour la première fois à l’Assemblée nationale en juin 2012. Désireux de participer au renouveau de la droite, ils s’estiment plus légitimes que d’autres jeunes UMP ultramédiatisés: Guillaume Peltier et Geoffroy Didier.

Ils auraient pu s’appeler le « groupe de la Schtroumpfette », puisqu’il ne comporte qu’une seule femme. L’un des défenseurs de cette idée avait un bon argument : «Au moins, tous les journalistes retiendront notre nom! » Ce sera finalement les « cadets-Bourbon », puisque ces Mousquetaires au service de la droite siègent à l’Assemblée nationale.

Eux ne sont ni trois, ni quatre, mais sept. Ils ont deux points communs: ils ont été élus députés UMP pour la première fois en juin 2012 et ils ont moins de 40 ans. A l’Assemblée, le rituel existe à chaque début de législature: les bleus se retrouvent entre eux. Damien Abad, (33 ans, Ain), Julien Aubert (35 ans, Vaucluse), Guillaume Chevrollier (38 ans, Mayenne), Alain Chrétien (38 ans, Haute-Saône), Gérald Darmanin (29 ans, Nord), Virginie Duby-Muller (33 ans, Haute-Savoie) et Laurent Marcangeli (32 ans, Corse-du-Sud) ont décidé de ne pas déroger à la tradition. Dès les premières semaines qui suivent leur élection, ils se retrouvent entre eux pour dîner. On s’échange des conseils, on met au pot commun ses premières expériences. Entre ces survivants de la vague rose, des liens se créent. Dans un milieu qui ne fait pas de cadeau, c’est une respiration. Ces agapes deviennent une habitude.

Les « cadets-Bourbon » ne se vivent pas comme un groupe de pression ou un contre-pouvoir. Leurs terres d’élections n’ont pas grand-chose à voir. Leurs centres d’intérêts sont différents. « Nous ne siégeons pas dans les mêmes commissions », relève Virginie Duby-Muller. Malgré tout, il y a quelques semaines, ils se sont rendus ensemble une nuit à la prison de la Santé constater les conditions carcérales. Politiquement également, chacun a sa chappelle. Cet automne, pour la présidence de l’UMP, Guillaume Chrevollier soutenait François Fillon; Julien Aubert (proche d’Henri Guaino) et Laurent Marcangeli, Jean-François Copé. Damien Abad et Virginie Duby-Muller n’avaient pas pris position. Gérard Darmanin lui est le bras droit de Xavier Bertrand, Alain Chrétien celui de Bruno Le Maire.

Avec la tribune qu’ils cosignent et que publie L’Opinion, les cadets-Bourbon décident de sortir officiellement de l’ombre. Un an après sa défaite, l’UMP reste en mauvais état. Ils souhaitent apporter leur pierre à la rénovation de la droite. « L’UMP est actuellement le miroir de la formidable transformation de la société française, secouée entre un vieux monde qui n’en finit pas de mourir et les contours d’une nouvelle ère», constatent-ils dans leur texte commun. Pour bâtir un nouveau discours, ils se proposent de « devenir le porte-voix de la jeunesse active au Parlement ». « Il faut qu’on arrive à casser l’idée d’une droite vieillotte, ambitionne Alain Chrétien. Il n’y a pas que des jeunes de gauche! » S’ils choisissent de s’outer, c’est aussi parce qu’il sont agacés du poids de Guillaume Peltier et Geoffroy Didier. Les deux porte-paroles de la Droite Forte, respectivement 36 ans et 37 ans, squattent matin, midi et soir BFM et i-Télé. « Nous aussi, nous sommes jeunes et nous sommes légitimes », fait remarquer Gérald Darmanin. « La jeunesse de l’UMP ne s’exprime pas à travers ceux qui passent à la télé, mais n’ont pas été élus », dénonce Julien Aubert. «Il y a un an, nous avons décidé de nous regrouper, de travailler ensemble loin des caméras et des micros, d’apprendre à fonctionner collectivement pour penser la droite de demain et surtout avoir une France d’avance », racontent-ils dans leur tribune. Suivez leur regard…

La suite? Peut-être quelques meetings chez les uns, les autres; d’autres tribunes… Déjà maire (de Vesoul), Alain Chrétien pourra faire profiter de son expérience ceux qui tenteront leurs chances aux municipales (Gérald Darmanin à Tourcoing, Laurent Marcangeli à Ajaccio et peut-être Julien Aubert à Carpentras). A coup sûr, les invitations de tous les impétrants lancés dans la folle course pour 2017 vont aussi pleuvoir. En attendant, ce mardi soir, les «cadets-Bourbon » dîneront encore une fois ensemble.

 

« Un pour tous, tous pour un » par les cadets-Bourbon

Nous, les jeunes députés de l’UMP, élus pour la première fois en 2012, avons décidé d’incarner la relève des idées, et participer à la rénovation de la droite. Nous avons moins de 40 ans, et, nous avons relevé le défi de l’engagement politique, en nous faisant élire dans des circonscriptions malgré un vent politique défavorable. Contrairement à d’autres, nous ne résumons pas notre action aux effets de communication.

Nous avons néanmoins un devoir : devenir le porte-voix de la jeunesse active au Parlement.

Aussi loin qu’elle se souvienne, notre génération n’a connu que des discours politiques sur la crise et le chômage, le déficit et le déclin. La jeunesse de droite attend de nous que nous incarnions cette soif de changement, dans les pratiques, les idées, et les comportements. Qu’il s’agisse de « La Boîte à Idées » ou de « Cinq ans pour des idées », des Jeunes Pop’ et des Jeunes Actifs, de « la Manif pour tous » ou de l’incroyable vitalité de la génération Y sur les réseaux sociaux, notre génération trouvera chez nous la caisse de résonnance nécessaire à cette ardente obligation. Il faut absolument mettre à profit ce quinquennat d’opposition pour renouveler l’UMP et la droite française, et ne pas renouveler l’erreur de la gauche, plongée dans le formol depuis trente ans.

Pour cela, nous pensons que le pragmatisme doit prévaloir dans l’approche des principaux défis du pays.

Parmi nous, il y a des tenants du Gaullisme, de la Droite populaire, de la Droite sociale ou des libéraux. Certains ont soutenu Jean-François Copé, François Fillon, d’autres étaient « non-alignés ». Il y a des eurosceptiques et des fervents croyants de l’Union européenne. Des députés du Nord, du Sud, des montagnes, des îles et des villes. Il y a un an, nous avons décidé de nous regrouper, de travailler ensemble loin des caméras et des micros, d’apprendre à fonctionner collectivement pour penser la droite de demain, et surtout avoir une France d’avance.

Bref, remettre le contact humain au cœur de notre pratique du pouvoir. Nous refusons d’être les clones de nos glorieux prédécesseurs, ni les petits robots produits à la chaîne dans la grande industrie du politique-spectacle.

L’UMP est actuellement le miroir de la formidable transformation de la société française, secouée entre un vieux monde qui n’en finit pas de mourir, et les contours d’une nouvelle ère. Le peuple de France doute de ses partis politiques et de sa démocratie. Il doute de ses jeunes, suspecte ses entrepreneurs, et conspue ses dirigeants.

Notre devoir est de rajeunir l’espérance.

Notre démarche a débouché sur une autre manière de concevoir l’action politique : nous sommes parmi les plus assidus dans l’hémicycle, sans pour autant négliger nos circonscriptions, et nos efforts commencent à payer au bout d’un an. Nous croyons « au terrain », comme lorsque nous avons procédé à une visite impromptue de la prison de la Santé à Paris pour mieux appréhender la politique pénale. Nous avons choisi la tortue, plutôt que le lièvre de La Fontaine.

Benjamins de l’Assemblée, nous avons aussi choisi un nom : les cadets-Bourbon. Et comme le régiment des mousquetaires, nous croyons que l’union fait la force.

 

Virginie Duby-Muller, députée de Haute-Savoie

 

Damien Abad, député de l’Ain

 

Julien Aubert, député du Vaucluse

 

Guillaume Chevrollier, député de Mayenne

 

Alain Chrétien, député de Haute-Saône

 

Gérald Darmanin, député du Nord

 

Laurent Marcangeli, député de Corse-du-Sud