Les pépins de la Haine

Les pépins de la Haine

Je tweete donc je suis. C’est un peu comme cela qu’on pourrait résumer le dernier réseau social à la mode, à savoir tweeter “le gazouillis”. J’ai néanmoins pu expérimenter à mes dépens tous les problèmes qui peuvent surgir d’une absence de contrôle d’un tel moyen de communication.

Le débat sur le mariage pour tous a enflammé la twittosphère, des centaines de personnes favorables au projet estimant qu’il est de leur devoir de harceler ceux qui ne pensent pas comme eux. Drapés dans leur intolérance, ces nouveaux talibans ont multiplié les agressions, attaques et débordements. Dans le langage du net, on appelle ça “troller”. Mes collègues de Gauche ont été victimes également du même phénomène, cette fois-ci alimenté par des internautes homophobes, racistes ou tout simplement extrêmement virulents.

Dans mon cas présent, la ligne rouge a été franchie. Alors que j’avais suspendu de ma propre initiative mon compte personnel, afin de montrer mon désaccord avec la très mauvaise habitude qu’ont pris certains collègues, assistants ou membres du public de tweeter en direct depuis l’hémicycle, ce qui pollue la sérénité des débats, une ou plusieurs personnes ont créé un compte qui se voulait parodique.
La parodie a cependant dépassé les limites, car par un subterfuge visuel, leur compte et le mien avaient exactement la même orthographe : même photo, et surtout même pseudo. En effet, le “i” majuscule devient un “l” sur Twitter. Vous pouvez donc écrire Juiienaubert, si le second “i” est un “I” (i majuscule), il n’y a plus de différence entre le “I” (i majuscule) et le “l” (l minuscule).

Toute cette affaire du mariage pour tous révèle cependant l’état de déchéance civique dans lequel notre pays est plongé. Comment la France pourrait-elle aimer le monde alors que les Français se détestent entr’eux ? Savons-nous seulement que nous sommes l’un des seuls pays du monde où l’on déteste autant les élus, où l’on bafoue autant notre drapeau et notre identité ?

Au-delà de mon seul cas personnel, ce qui m’interpelle c’est que la République a de plus en plus de mal à vivre dans les esprits et les coeurs. Si on se prépare au combat d’idées comme on va à la guerre, alors l’adversaire devient un ennemi. Il va nous falloir une révolution morale, et elle devra rassembler très largement tous les hommes et les femmes de bonne volonté.