L’Etat a mal au Droit

L’Etat a mal au Droit

Nous vivons une étrange époque. Droit au logement, droit des étrangers, droit au mariage, droit à un avocat dès la première heure de garde à vue, droit au recours, etc etc… A chaque mandature, tel un chercheur d’or au klondike, l’homme de Gauche ouvre une « veine » d’exploitation en découvrant de nouvelles pépites juridiques. Le gisement semble inépuisable.

Jamais le législateur et le juge n’auront à ce point proclamé l’extension infinie des droits pour les citoyens.

Paradoxalement, plus on proclame les droits, moins on les applique. Les propriétaires, tétanisés par un droit qui les désarme en cas de squatt ou de loyer impayé, sont devenus extrêmement timorés et hésitent à louer. Tant pis pour les citoyens au revenu modeste et les étudiants.

La justice est tellement encombrée de recours abusifs qu’elle peine à remplir les conditions de délais « raisonnables » pour les procès dont elle a la charge.

La police doit respecter de telles règles de procédures que le moindre vice relâche le coupable au détriment du plaignant.

Bref, les droits déclamés flottent au-dessus de la réalité, sans socle concret pour leur assurer un suivi efficace. Le citoyen se révolte contre l’injustice flagrante qui consiste à lui assurer des droits sans jamais les faire appliquer en votant pour des partis de plus en plus radicaux. La Gauche a tenté de remédier à cet état en remâchant perpétuellement le thème du « gouvernement juste », mais là encore, la sémantique n’est pas suivie d’actes concrets. Le fossé s’élargit entre la réalité et le discours public. Jamais autant de structures et d’organismes n’auront produit autant de règles, de normes, de droit mou, de lois, de décrets, de règlements européens, de directives, bref de carcan juridique.

La clé du succès électoral pour la Droite sera de saisir à bras le corps cette question de l’Etat de droit. Il faut arrêter de concevoir le droit comme une théologie, en voulant se comporter comme ces pharisiens de l’Evangile qui appliquaient tellement bien la lettre de la Torah qu’ils en oubliaient la signification. L’abus de droit et de règles est tout aussi dangereux pour la démocratie que la sous-alimentation juridique. L’Etat doit se recentrer sur les droits fondamentaux en calibrant la production de normes de manière à ce qu’elles restent lisibles, compréhensibles et surtout applicables.

Le droit est comme toute alimentation en lipide : la bureaucratie et la norme sont l’équivalent du cholestérol de notre Etat devenu obèse et impotent.

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