Des mamelles en pis-aller

Des mamelles en pis-aller

Sully disait que le labourage et le pâturage étaient les deux mamelles de la France. Je crains que le lait vienne à manquer et que dans 30 ans les seuls agriculteurs soient ceux présents au musée Grévin si on ne se réveille pas.

De quoi meurt l’agriculture française ? De son manque de compétitivité dans une Europe qui a les mêmes normes mais pas la même application de ces dernières, et pas les mêmes coûts. De son manque de compétitivité dans un Monde qui n’a aucun de ces deux handicap.

En France, on applique la norme, toute la norme et même un peu plus que la norme. L’Etat a des moyens illimités pour contrôler la bonne application de celle-ci, mais par contre moins de disponibilité pour aiguiller, conseiller et développer. C’est notamment le cas sur toutes les règles environnementales, quitte à liquider un secteur de production Français comme la cerise et importer massivement des produits frelatés : nous n’avons pas autorité sur le respect de la norme de l’autre coté de la frontière… Tant pis …

Que propose le politique ? Des pansements, des médicaments pour faire passer la douleur, une perfusion : des aides budgétaires, peut-être une baisse des charges. Un plan d’urgence après le précédent plan d’urgence.

Pallier un problème structurel avec des solutions conjoncturelles coûteuses est une erreur. Notre agriculture ne pourra pas survivre longtemps dans une concurrence libre et non faussée où à deux étapes du Tour de France on travaille à faible coût sans protection sociale. Les Français souhaitent ils absolument perdre leur souveraineté alimentaire en se rendant dépendants de l’étranger ?

Il faut donc choisir : soit descendre au niveau de vie des polonais, des roumains et des bulgares – sécurité sociale incluse – soit remettre à plat l’Europe. Pas pour la tuer, comme le veut le FN, mais pour la sauver. Présider, ce n’est pas seulement distribuer des billets, c’est aussi prendre son courage à deux mains et agir.