Manifeste pour une Majorité agissante et bruyante

Manifeste pour une Majorité agissante et bruyante

Il est difficile de trouver en ce mois de juillet des raisons d’espérer. La classe politique française s’est littéralement disloquée avec, à Droite, le poids des haines et des ambitions, et à Gauche, la fracture politique qui prive un président faible et sans idées, de majorité. Quant au Front National, il prospère opportunément sur le fumier politique. Nous ne faisons plus de politique mais de la gestion psychologique d’une vaste crise sociale et morale.

Cette balkanisation Française n’est que la partie émergée de l’iceberg. Une succession de conflits sociaux a été orchestrée par la CGT et Sud dans le mépris total de l’intérêt général. C’est ainsi que la SNCF, dont tous les jours nous découvrons (avec les scandales que sont Brettigny ou l’affaire de la largeur des voies) la paupérisation inquiétante, a été kidnappée par une poignée de cheminots accrochés à leurs privilèges. C’est ainsi que les spectacles des festivals de l’été ont été bousillés ou pris en otage par les intermittents du spectacle (bien que sur le fond, je comprenne mieux leurs angoisses). C’est ainsi que la SNCM a tué le tourisme corse en juillet.

Scier la branche sur laquelle on est assis… Quelle riche idée.

Je le dis sans langue de bois : la CGT et Sud ont, au nom d’intérêts catégoriels, contribué à l’affaiblissement de la croissance Française. La France est couverte de plaies et elle se donne pathologiquement des coups de couteau. Or, nous approchons du point de rupture : rupture économique car les systèmes protégés par la CGT et Sud sont indéfendables alors que tout le monde se serre la ceinture ; rupture sociale ensuite car nous approchons dangereusement du point où les gens se feront justice eux-mêmes.

La France est faible car nous n’arrivons pas à formuler l’idée qu’en démocratie, les structures qui défendent violemment des intérêts minoritaires doivent être maîtrisées et même combattues si elles deviennent dangereuses pour la société toute entière. La CGT rail et la CGT de la SNCM ne font pas du syndicalisme, mais de l’archéo-syndicalisme.

Cette question de la gestion du fait minoritaire par une majorité qui veut éviter de se retrouver taxée d’intolérante est un fait majeur qu’il nous faut traiter. La crise de l’Etat-Nation est en effet corrélée avec une crise de l’intérêt général.

Ainsi, sur un tout autre plan, la France est confrontée au problème de ses minorités, avec la multiplication des violences intercommunautaires. Il peut s’agit de phénomènes de barbarie liés à luttes entre bandes rivales (je pense au lynchage du garçon Rom par des jeunes des quartiers) ou, plus récemment de l’attaque par des militants pro-palestiniens de synagogues à Paris.

Disons le clairement. Au delà des posture et des clichés, ce qui se passe en Israël et Palestine est un drame complexe dont nul ne peut prévoir la fin. Les gouvernements sur place sont eux-mêmes prisonniers de leurs minorités, qui veulent en découdre. Mahmoud Abbas n’est pas parvenu à empêcher que trois enfants juifs innocents soient sauvagement abattus en Cisjordanie par des extrémistes palestiniens. Benyamin Netanyahu n’a pas empêché que des ultras juifs immolent par le feu un malheureux innocent palestinien en représailles.

Dans un conflit, il devient difficile de distinguer le bon du mauvais. Israël est compréhensible dans sa volonté de désarmer le Hamas qui terrorise la population civile par des tirs de roquettes. Lorsqu’un enfant palestinien meurt sous une bombe, cette compréhension devient férocement inacceptable pour le citoyen occidental.

Le Hamas lutte pour ce qu’il croit être une cause légitime, car le peuple palestinien a évidemment droit à un Etat sur ce qui est aussi sa terre. Mais cette reconnaissance devient illégitime lorsqu’il tire au hasard sur des populations innocentes.

Je n’ai pas pris la parole en tant que responsable politique pour condamner l’un ou l’autre, car l’un et l’autre ont simultanément raison et tort à la fois, et parce qu’il n’y a pas de hiérarchie à avoir : le prix du sang est le même.

Reste que la France doit ouvrir les yeux et avant de résoudre les problèmes mondiaux commencer par balayer devant sa porte : une minorité violente entend se draper dans la légitimité du combat palestinien pour ressusciter une haine raciale dans nos rues. Face à elle, il n’y a pas de demi-mesure possible : nous avons le choix entre l’esprit munichois ou une lutte sans concession.

Pour les Français d’origine arabe et/ou de confession musulmane, un dilemme va rapidement se poser : choisir de soutenir une cause étrangère à leur propre intérêt au nom d’idéologie communautariste ou instrumentalisante ; ou démontrer, comme les soldats de tous peuples de 14-18, leur attachement à la République. Sans eux, le combat est peut-être déja perdu pour la République et dans 30 ans, nous serons le Liban.

Telle est la question qu’en toute responsabilité chaque Français né de parents étrangers, ou héritiers d’une culture étrangère, va devoir trancher : dans quelle France veulent-ils vivre ? Une France qui ressemblerait aux pays que leurs ancêtres ont quitté ou une France qui serait celle qui les a accueillis ?