Deux mille milliards de dette et moi et moi et moi

Deux mille milliards de dette et moi et moi et moi

Deux mille milliards d’euros de dette.

Le chiffre est vertigineux : il se comptait en centaines il y a vingt ans. La France est à la merci de la moindre remontée des taux de refinancement, qui ferait bondir la charge de la dette (laquelle équivaut à la totalité de l’impôt sur le revenu récolté dans l’année) et sans doute nous obligerait à prendre en catastrophe des solutions radicales, “à la sauce FMI” à coté desquelles “la rigueur” de 2014 apparaitrait comme une aimable plaisanterie.

On s’évertuera ici ou là à accuser la gauche ou la droite, la gauche et la droite. C’est exact, même si Nicolas Sarkozy a des circonstances atténuantes (la plus grave crise financière depuis 1929) que François Hollande n’a pas.

Des fois, je vois des citoyens plus âgés que moi dire : c’est votre faute, à vous les politiques. Ma génération aurait envie de leur répondre que c’est aussi la faute des électeurs qui nous ont précédé, qui ont vécu à crédit et qui nous lègue une dette par habitant de 30 000 euros et un Etat qui dépense 25% de plus que ce qu’il gagne.

Néanmoins, les querelles en responsabilité sont finalement accessoires : lorsque la maison brûle, peu importe qui a craqué l’alumette.

Ironiquement, c’est la création de l’euro qui a accéléré la légèreté des dirigeants : alors que les fameux critères de Maastricht étaient censés contraindre les gouvernements à converger, ils ont deresponsabilisé des pays qui se sont abrités derrière les liquidités généreuses de la BCE, un peu comme aux Etats Unis. Sortir de l’euro comme le réclament certains enlèveraient brutalement le bouclier qui protège la nudité crue de nos finances publiques. Le problème est que pour le conserver, il faudrait remettre d’aplomb nos finances, et cela ne se limitera pas à écraser la fraude ou réduire les allocations.

Tel un lapin pris dans les phares d’une voiture, la France n’a que des solutions douloureuses de part et d’autre de la route. Et malgré mon diagnostic lucide, je vous avoue que moi-même je me garderais de proclamer que j’ai la solution miracle. La seule piste est de tenter de réformer rapidement là où c’est le plus socialement acceptable, et surtout le plus budgétairement efficace.