«Mme le président» : Julien Aubert s’estime victime d’une novlangue «idéologisée» (Le Figaro, le 7 octobre 2014)

«Mme le président» : Julien Aubert s’estime victime d’une novlangue «idéologisée» (Le Figaro, le 7 octobre 2014)

LE SCAN POLITIQUE/VIDÉO – Le député UMP du Vaucluse a été sanctionné par l’Assemblée nationale pour avoir insisté à appeler Sandrine Mazetier «madame le président» alors qu’elle présidait les débats dans l’hémicycle.

«Je n’ai rien à me reprocher». Au lendemain de l’incident, Julien Aubert juge qu’il n’a pas mal agi en appelant Sandrine Mazetier «madame le président» , alors que la socialiste présidait les débats sur la transition énergétique. Il a vivement été rappelé à l’ordre, avec une «inscription au procès-verbal» ce qui vaut une sanction financière d’un quart de l’indemnité de l’élu pendant un mois.

Au Scan, le député regrette cette décision, qui l’inclut dans «les prisonniers de droit commun». «En principe, ce genre de sanctions sont réservées à ceux qui font un doigt d’honneur, cassent une porte, ou font preuve d’un comportement inacceptable», considère le parlementaire. «Là, on me sanctionne parce que je ne cède pas à l’idéologie dans le langage», poursuit-il. «Il vaut mieux s’appeler Thomas Thévenoud que Julien Aubert si on veut toucher ses indemnités», dit-il en référence à l’élu socialiste qui ne siège pas depuis qu’il a quitté le gouvernement à la suite de déboires fiscaux.

Il se voit comme la victime d’une novlangue «idéologisée» par la gauche. «Il y a des gens qui considèrent que dire ‘madame le président’ c’est faire insulte à la nature féminine, je ne le pense pas», glisse le parlementaire. «Ils veulent politiser le langage pour en faire une arme de réforme de la société. On veut me faire plier à l’idéologie», dénonce-t-il.

Dans le viseur de Julien Aubert: Sandrine Mazetier. Vice-présidente socialiste de l’Assemblée nationale, qui menait la séance à ce moment-là et qui est à l’origine de la sanction. Cet incident n’est «pas une surprise», pour l’élu de l’UMP. «Elle est connue pour ça», déplore-t-il avant de citer le souhait exprimé par la députée de débaptiser les écoles «maternelles», terme jugé sexiste. Mais il s’en prend aussi à la méthode.

Vers un recours devant le Conseil constitutionnel ou la CEDH?

Il trouve sa sanction disproportionnée et regrette l’absence de recours possibles à l’Assemblée, sauf à ce que la conférence des présidents contourne le règlement. Résultat, il envisage de saisir le Conseil constitutionnel ou la Cour européenne des droits de l’homme. «L’Assemblée, c’est un des rares endroit ou la victime présumée vous verbalise elle-même, ça pose des questions juridiques», analyse l’élu du Vaucluse.

Dans un communiqué, le groupe UMP de Christian Jacob a exprimé sa «solidarité totale à l’égard de Julien Aubert», «victime d’une sanction totalement disproportionnée» . Les députés UMP «tiennent à rappeler l’importance de la liberté d’expression au sein de l’hémicycle.» Julien Aubert précise que la solidarité sera aussi pécuniaire puisque les députés vont, selon lui, se cotiser à hauteur de la sanction qui représente un peu plus de 1300 euros, soit un quart de son indemnité de parlementaire pendant un mois.