Nier, puis renier

Nier, puis renier

François Hollande mérite bien son surnom de “culbuto”. Il avait renié sans honte fin 2013 son programme économique basé sur l’impôt, le contrôle de l’économie (loi ALUR) et la lutte contre “la Finance”, ce qui l’avait amené à défaire tout ce qui avait été voté sous Ayrault, et à nommer Emmanuel Macron. Il en avait perdu ses oripeaux de socialiste… Et une partie de sa majorité. Voilà qu’hier il a fait plus fort en reniant toute sa politique de sécurité et de justice, ainsi que sa politique étrangère !

Depuis des mois, en effet les Républicains proposaient la déchéance de nationalité pour les terroristes binationaux. La majorité, hypnotisée par Christiane Taubira, avait repoussé le 4 décembre 2014 puis le 2 avril 2015 la proposition de loi de Philippe Meunier. Le Président y a cédé hier, de même qu’il semble redécouvrir nos propositions sur le renforcement des peines pénales contre les terroristes ou la légitime défense des policiers. Dans la nuit du 13 novembre, ce qui était vice hier est devenu vertu. Nous avons perdu dix mois.

Tout aussi grave, en politique étrangère, nous avons perdu trois ans à combattre la Russie sur le cas Assad au motif que Laurent Fabius ne faisait pas de différence avec DAECH.

Marc Trevidic, magistrat anti-terroriste classé à Gauche, l’a lui-même dit : depuis trois ans, nous avons laissé grossir un monstre et devenir hyper-puissant.

Comment ne pas repenser à cet écrit de Joseph Goebbels, cité par Kissinger : “Ils auraient pu nous supprimer (…) mais ils ne l’ont pas fait. Ils nous ont laissé tranquilles et ils nous ont laissés nous glisser dans la zone dangereuse, et nous avons été capables d’éviter les écueils. Et quand nous avons été prêts et bien armés, alors ils ont déclaré la guerre !“. Comme le conclut Churchill : “Dix ans après, des dizaines de millions de victimes avaient payé le prix de la quête de certitude des diplomates des années 1930 “.