Polémique autour de l’autorité de Hollande : clash entre Ayrault et Jacob (LeParisien.fr, le 1er octobre 2013)

Polémique autour de l’autorité de Hollande : clash entre Ayrault et Jacob (LeParisien.fr, le 1er octobre 2013)

L’occasion était trop belle pour que l’opposition ne la saisisse pas. Alors que les dissensions entre les ministres de l’Intérieur et du Logement, Manuel Valls et Cécile Duflot ravivent le procès en manque d’autorité fait à François Hollande, le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, a profité de la séance des questions au gouvernement, à l’Assemblée ce mardi, pour interpeller (vivement) Jean-Marc Ayrault. Le Premier ministre ne s’est pas fait prier pour lui répondre (vertement), renvoyant l’UMP à ses propres divisions.

Jacob : «Duflot a humilié le président»

Valls et Duflot s’invectivent publiquement? Le député-maire UMP de Provins (Seine-et-Marne) s’engouffre dans la brèche. En interpellant le président de la République après les déclarations de son collègue de l’Intérieur sur les Roms, «Mme Duflot a bafoué votre autorité, elle a humilié le président de la République», gronde ce proche de Jean-François Copé dans l’hémicycle.
«Nous n’acceptons plus que vous soyez le simple notaire d’un contrat de mariage entre le PS et les Verts», renchérit-il, dénonçant une «pratique du pouvoir digne de la IVe République» et accusant le chef du gouvernement de «jouer les Verts contre la France».

Ayrault : «Balayez devant votre porte»

«Vous êtes dans votre rôle, (celui) d’une opposition qui se caricature elle-même», répond sèchement Jean-Marc Ayrault, en appelant Christian Jacob, «M. Copé». «Mon lapsus est révélateur», s’amuse le locataire de Matignon avant de recommander à son opposant de «balayer devant (sa) porte» et de «réfléchir avant de parler».

Et de renvoyer le président du groupe UMP à l’Assemblée au bilan de l’ex-majorité et aux dissensions qui traversent son parti. «Vous incarnez un parti qui se divise, qui n’a plus de leader, qui fraude pour élire son président», tacle le Premier ministre, en référence à la bataille fratricide pour la présidence de l’UMP.

Sur le fond de la question rom, dans le débat depuis des semaines, le chef du gouvernement estime qu’«il n’y a pas de raison d’exacerber toutes ces questions difficiles». «L’intégration est possible quand on respecte les lois de la République», ajoute-t-il en réponse à une question du député UMP Julien Aubert. «Le devoir des hommes d’Etat est d’avancer concrètement des solutions, de faire progresser, de ne pas mettre les uns contre les autres», conclut-il conclu, une semaine après que son ministre de l’Intérieur a jugé que «les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie».