«Pourquoi la primaire est populaire» : réponse dans l’article de l’Opinion

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opinion du 4 nov

 

« La vraie question posée par cette primaire, entre NKM et Jean-Frédéric Poisson, est : ce qui nous rapproche est-il encore plus fort que ce qui nous divise ? », demande le député du Vaucluse

Les chiffres de pré-inscription en ligne et de connexions sur le site de la primaire de la droite et du centre, ainsi que les sondages indiquent tous que la participation sera très forte les 20 et 27 novembre.

Les commentateurs déduisent que cette appétence pour le scrutin « valide » ce concept importé, via Terra Nova, des Etats-Unis. Je ne partage pas leur point de vue. Comment dès lors réconcilier ceci avec l’aversion à peine dissimulée d’une partie des électeurs de droite, qui ont peur de se faire « voler » leur primaire ou qui souffrent en voyant les chicayas entre candidats ?

En réalité, si la droite risque de voir sa primaire en partie « préemptée », si les Français s’intéressent à ce point à « notre » primaire, c’est qu’elle se substitue au véritable scrutin de 2017, compte tenu des rapports de force en présence.

Annus horribilis. Pour les électeurs de gauche, il est à peu près acquis que 2017 sera une annus horibilis qui verra le candidat socialiste exploser au premier tour, et ensuite les députés socialistes se faire décimer. Puisqu’ils intériorisent le fait qu’au second tour, ils seront peut-être obligés de voter « la pince à linges sur le nez » pour un candidat de droite (car en face il y aura Marine Le Pen), ils veulent au moins participer pour choisir « le moindre mal » à droite. Si nous savions qu’en 2017 nous aurions soit Mélenchon, soit Valls, peut-être serions-nous tentés de faire de même.

Pour les électeurs frontistes, c’est un raisonnement différent. Ceux qui viennent de la droite voient dans la primaire un moyen de ramener Les Républicains vers une ligne plus conforme à leurs attentes. D’autres ont intériorisé que Marine Le Pen ne sera pas élue en 2017 et veulent avoir « une chance au grattage, une chance au tirage » en choisissant le candidat de droite élu, qui fera la politique la plus proche de leurs convictions.

Nous pouvons regretter la participation d’électeurs de gauche ou du FN. En pratique de toute manière, aucun détecteur de « droititude » n’a été inventé, donc c’est un débat stérile.

Les deux forces précitées sont antagonistes et elles accentuent le clivage interne entre « les droites » au sein de LR, entre la droite de l’ouest, plus européenne, centriste et libérale, et la droite de l’est, plus bonapartiste, étatiste et autoritaire.

En ouvrant nos fenêtres, nous avons renforcé les courants d’air. Les Républicains sont en réalité, au travers de l’affrontement entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, confrontés à leur nature hybride et duale qui est consubstantielle aux motifs qui ont présidé à la naissance de l’UMP, après le choc de 2002. Alain Juppé représente la première phase de l’Union, réalisée avec le centre pour exister par rapport à un FN fort mais implanté uniquement à droite. Nicolas Sarkozy représente la deuxième phase de l’Union, à la conquête des terres perdues à droite au profit du FN.

Ce que la peur du FN a suscité en 2002, est-ce que le choc de 2017 va le défaire ? La vraie question posée, entre NKM et Jean-Frédéric Poisson, est : ce qui nous rapproche est il encore plus fort que ce qui nous divise ?

Réponse le 27 novembre.

Julien Aubert est député LR du Vaucluse. Il ne soutient aucun candidat pour la primaire.