Que le dernier à quitter le pays éteigne la lumière !

Que le dernier à quitter le pays éteigne la lumière !

En 1992, le tabloïd le Sun mit en garde la population britannique contre la possible élection de Neil Kinnock, candidat du Labour considéré comme « rouge » : “If Kinnock wins today will the last person to leave Britain please turn out the lights ». On serait tenté de reprendre ce slogan aujourd’hui, à l’heure où le gouvernement s’emploie à injurier, terroriser ou humilier tous ceux qui ont le malheur de refuser l’abattoir fiscal qu’on leur promet. Le premier coup de semonce a été le départ de Bernard Arnault, mais la France ne s’en est guère émue car le milliardaire a tout pour symboliser cette fameuse « finance sans visage » que l’on se plait à exécrer. Le second coup a été porté au patron indien Lakshmi Mittal, vitupéré et villipendé alors qu’il emploie des milliers de gens en France. Mais le pompon a été décroché avec l’affaire Depardieu. L’acteur s’est défendu dans une lettre ouverte qui expose bien le fond du problème : la Gauche déteste la différence, c’est-à-dire le talent.

Depardieu est le bouc-émissaire de la crise : puisqu’il n’y a plus Sarkozy, et que tout va mal, la raison de la crise est ailleurs : vite, un coupable !

Cette détestation de la réussite est en train de provoquer un drame : les entrepreneurs, les français talentueux, les créateurs d’entreprise et de richesse fuient la Terreur fiscale et votent avec leurs pieds contre ce qu’ils estiment être une spoliation. Ayrault brandit la justice fiscale mais c’est plutôt Saint-Just que les contribuables voient.  La France aime à s’enorgueillir d’avoir raison contre le reste du monde, mais la vérité est que les conséquences de cet exil de masse pourraient être similaires à celle de l’abrogation de  l’édit de Nantes, qui marqua le début du déclin industriel Français et l’exil de milliers de compatriotes. Notre pays fuit par tous les pores.

En effet, ne croyons pas au cas isolé. La liste des exilés fiscaux est édifiante :  Jean Alesi,  Arnaud Boetsch, Arnaud Clement, Nicolas Escudé,  Guy Forget, Richard Gasquet, Jean-Claude Killy,  Henri Leconte,  Sébastien Loeb, Paul-Henri Mathieu, Gaël Monfils, Amélie Mauresmo, Alain Prost, Jo-Wilfried Tsonga, Charles Aznavour,  David Hallyday,  Johnny Hallyday,  Patricia Kaas,  Florent Pagny, Michel Polnareff, Renaud, Yannick Noah, Daniel Auteuil,  Emmanuelle Béart , Laetitia Casta,  José Garcia, Alain Delon, Marc Levy, Bernard Darty, fondateur de Darty,  Jean-Louis David, fondateur des salons de coiffure,  Daniel Hechter, Philippe Hersant, (groupe Hersant presse), Robert Louis-Dreyfus (Groupe Louis-Dreyfus, Olympique de Marseille), Alain Ducasse,  Nicolas Puech (Hermès), la famille Taittinger (Champagne Taittinger), Michel Lacoste (Vêtements Lacoste)… (plus de noms sur http://www.dreuz.info).

Un Gérard Depardieu dit avoir payé 145 millions d’euros en 45 ans, soit une moyenne de 3,2 millions d’euros par an. S’il part, c’est plusieurs centaines de millions d’impôts futurs qui se volatilisent. La liste que je donne ici à titre indicatif comporte 47 noms. A vous de calculer le coût annuel pour le contribuable Français de l’aveuglement fiscal et surtout de la morgue gouvernementale. Imaginez un contribuable qui paierait 3 000 euros d’impôts annuellement. La sortie de Monsieur Ayrault et le départ de Gérard Depardieu coûtent à la France l’équivalent de 1 000 contribuables Français à 3 000 euros.

A l’heure où l’économie française détruit des dizaines de milliers d’emplois par an, je formule le vœu que la France exporte d’avantage de produits manufacturés, en lieu et place de nos cerveaux et de nos talents hexagonaux. A moins qu’on puisse exporter quelques uns de nos si brillants marxistes, mais hélas, le marché mondial est étroit, même la Corée du Nord semble avoir compris le principe d’une économie mondialisée.

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