La querelle du Filioque*

La querelle du Filioque*

La France aime le débat. Engluée dans des problèmes concrets (le chomage, le terrorisme, la crise asiatique, le problème de compétitivité…), elle préfère se crêper le chignon sur des problèmes théoriques.

C’est ainsi que depuis un mois, Gauche et Droite se déchirent sur le sexe des anges et la querelle du “filioque” : faut-il la déchéance de nationalité ou l’indignité nationale ? Dans la constitution ou pas ? Pour les binationaux ou tout le monde ? On croirait des théologiens batailler sur la consubtantiation ou la transsubstantiation**.

Une partie de la Droite – les mêmes qui n’aiment pas généralement les tests ADN, la loi sur le renseignement intérieur et les statistiques ethniques – préfère voter avec Mamère et Duflot plutôt que “faire un cadeau” à François Hollande (et en arrière-pensée, primaire oblige, Nicolas Sarkozy).

Ils ont peur pour leurs libertés. Pour ma part, je suis peut être naïf, mais je trouve Daesch plus dangereux pour ma liberté que François Hollande.

Dès lors, je suis très clair :
– Je pense que quelle que soit l’option retenue, ça n’effraiera aucun terroriste, alors ne perdons pas trop de temps à faire du juridisme ;
– Je ne suis pas là pour faire du “billard à trois bandes”, en votant contre au prétexte que l’idée viendrait de François Hollande – la question est : “Peut on imaginer que quelqu’un coupable d’assassiner des innocents compatriotes et qui est traitre au pays, reste français ?” ;
– J’étais favorable à cette mesure avant que le Président de la République le propose, et contrairement à Nathalie Koziusko Morizet qui veut se singulariser tout en montrant qu’elle est de droite-mais-pas-trop-quand-même, je voterai sans état d’âme la révision constitutionnelle.

Quant à ceux qui s’inquiètent de la constitutionalisation de l’état d’urgence, je leur rappelle que l’article 16 de la Constitution, voulu par de Gaulle, va plus loin en donnant les pleins-pouvoirs au président !

* La querelle du Filioque est le différend théologique qui, à partir du viiie siècle, oppose l’Église romaine et l’Église grecque, à propos du dogme de la Trinité. Le débat porte sur le rapport entre le Saint-Esprit, d’une part, le Père et le Fils, d’autre part. Il y a ceux qui défendent qu’il procède seulement du Père (et qu’il descend sur le Fils) et ceux qui pensent qu’ils procèdent du Père et du Fils.

** Si, si ça existe mais je vous laisse chercher !