Question d’actualité à Christiane Taubira: la réponse du Ministre de l’Intérieur

Madame Taubira n’ayant pas eu le courage d’apporter une réponse à la question qui lui était adressée, c’est Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur, qui a répondu, en se contentant de condamner les « vociférations » du Député.

Ces « vociférations » étaient pourtant l’expression du cri silencieux des habitants des Amandiers et, plus largement, de Carpentras, qui n’en peuvent plus et qui subissent cette situation au quotidien. Le Député qui « vociférait » était leur porte-parole à l’Assemblée Nationale. Mais que connaît le Ministre de l’Intérieur de la vie quotidienne de ces citoyens, que sait-il de leur souffrance et de leur colère ? Apparemment pas grand chose, sa réponse en est la preuve manifeste.

 

Retrouvez l’intégralité de ma question :

Madame le Ministre,

Le week-end dernier, une équipe de sapeurs-pompiers de Carpentras a été sciemment attirée dans un véritable guet-apens dressé par une quarantaine de sauvageons de la cité des Amandiers, un des quartiers les plus défavorisés de ma circonscription.

Je sais que je me fais le porte-parole de l’ensemble de mes collègues parlementaires en condamnant cette agression gratuite et en apportant solennellement notre soutien aux sapeurs-pompiers de Carpentras et de la France entière.

Ces évènements ne sont malheureusement pas un épiphénomène et viennent amplifier un mouvement qui s’est accéléré depuis plusieurs semaines. Tirs en pleine rue, embuscades urbaines contre des automobilistes, rodéos nocturnes, voitures béliers. Des pompiers qu’on agresse, des écoles qu’on prend d’assaut, des policiers qu’on provoque. C’est le visage de la république qu’on cherche à défigurer.

Les habitants vivent barricadés chez eux, et, quel que soit leurs origines, n’espèrent souvent qu’une chose : déménager.

A Carpentras, petite ville de 30 000 habitants, les habitants connaissent très bien la petite centaine d’individus qui gangrène la vie de leur commune, des délinquants qui attendent bien souvent les policiers munis d’armes à feu et de gilets pare-balles.

Comment expliquez-vous dès lors que systématiquement, les victimes de ces agressions, quelques jours, parfois quelques heures, après leur arrestation, les retrouvent libres de leurs mouvements, avec le sourire goguenard de celui qui a compris que l’impunité est devenue la règle ?

Les policiers et les gendarmes sont-ils contraints à être des Sisyphe devant éternellement rouler la pierre de la sécurité sur la pente de la permissivité judiciaire ?

Les Français ne comprennent pas cette société où l’Etat est sans pitié pour un dépassement de vitesse, et où le petit voyou, lui, n’est pas inquiété.

Vous qui appartenez à un gouvernement capable d’autant de fermeté pour les contribuables, pourquoi ne pas faire preuve de la même dureté pour les délinquants ?  

Vous qui maniez si bien la trique fiscale, pourquoi ne  brandissez-vous pas la matraque judiciaire ?

Au lieu de terroriser les créateurs d’entreprises, terrorisez donc les voyous !

Vous êtes sous l’autorité du Chef de l’Etat, garant de l’autorité judiciaire. Alors maintenant agissez : montrez-nous qu’il y a bien un chef, et qu’il reste un Etat.

 
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