Retour sur le Congrès du 18 novembre

Retour sur le Congrès du 18 novembre

Les grands partis démocratiques sont-ils condamnés à se retrouver coupés en deux lorsqu’ils se choisissent un chef ? On a beaucoup glosé sur le spectacle pathétique (mais presque) que l’UMP a donné cette semaine après le formidable élan démocratique du Dimanche. Je ne reviendrai pas sur les péripéties et les annonces contradictoires, mais elles ont rappelé le fameux Congrès de Reims de 2008 tenu par le Parti Socialiste. Le parallélisme peut s’étendre au résultat : le PS avait donné la victoire à Martine Aubry, par 50,04% des suffrages, soit 102 voix d’avance… soit un résultat quasi-identique aux 98 voix d’avance de Jean-François Copé (50,03%).

Je n’ai pas participé au concert de critiques sur l’organisation du scrutin. En Vaucluse, le président, Jean-Michel Ferrand, et le secrétaire départemental, Thierry Lagneau, ont très bien géré la chose. J’ai été autorisé, eu égard à la taille de ma circonscription, à ouvrir trois bureaux de vote, à Apt, Carpentras et Pertuis. La participation a été très bonne (60%) et l’ambiance festive tout au long de la journée : militants « Copéistes » et militants « Fillonistes » étaient heureux d’organiser cet évènement, et les bureaux que j’ai visités dans la journée n’ont pas désempli. Il n’y a pas eu de fraude, pas eu de bourrage d’urnes, pas eu de contestation. Selon moi l’exercice a été réussi et je tiens à remercier les 69% de militants qui ont voté pour Jean-François Copé et les 44% de militants qui ont plébiscité la motion « gaulliste » que je parrainais.

Nous devrons tirer pour l’avenir les conséquences de ce qui s’est passé :

  • Si la campagne n’a pas passionné les foules, c’est parce qu’elle s’est étirée sur un nombre de semaines beaucoup trop long. Ce calibrage aurait convenu s’il y avait eu 4 ou 5 candidats capables de concourir car le territoire aurait été beaucoup plus animé et parcouru. Mais l’équivalent d’un entre-deux-tours de présidentielles qui s’étale sur 8 semaines, c’est trop. La compétition a viré au duel, et il arrive que des duels s’enflamment un peu trop. Il faut revoir la règle des parrainages et avoir une élection à deux tours.
  • Autre erreur : on a déconnecté le débat des idées (les motions) du choix du nouveau président, avec plusieurs effets délétères : aucun candidat n’a véritablement appuyé une motion précise, de peur de réduire sa base électorale ; toutes les motions ont cherché à être « trans-candidats » ; ceux qui n’avaient pas pu se présenter à la présidence se sont rabattus sur les motions, donnant l’impression que le débat sur les motions était une forme de consolante pour écuries en formations.
  • La campagne de l’UMP a donc abouti à un curieux spectacle : un duel de personnalités, sans recours à une grille idéologique d’un côté ; un débat d’idées sans chef de l’autre. On est d’ailleurs passé à côté d’un résultat qui aurait pu être pittoresque : un nouveau Président qui aurait fait campagne « contre la droitisation » avec une motion arrivée en tête venue de l’aile droite du parti.

Désormais une nouvelle page doit s’écrire. Il ne suffit pas de répéter sur un mode incantatoire qu’il faut rassembler, pour que le rassemblement s’opère, comme par magie. L’UMP doit surmonter la crise morale qui l’a frappée, une crise de valeurs. Le rassemblement suppose un peu de grandeur d’âme et une passion du collectif, bref des valeurs gaullistes. Auprès de mes amis libéraux, centristes, humanistes, j’essaierai de porter cette notion des « valeurs du rassemblement », car c’est le plus bel héritage que le gaullisme a laissé à l’union des Droites.

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