Si c’est un chef

Si c’est un chef

L’UMP, un parti de militants. Cela sonnait comme une évidence, lorsque nous avons organisé l’élection pour la présidence de l’UMP. Les militants allaient voter, les militants allaient trancher. Chaque candidat mit logiquement d’ailleurs en avant cette notion : Jean-François Copé rappela qu’il était depuis des années « un militant parmi les militants », tandis que Valérie Pécresse donnait une interview centrée sur la réforme de l’UMP pour la rendre plus démocratique à la base.

On se serait quasiment cru à la MAAF.

Parler des militants semblait être une bonne idée : elle illustrait la force et la vitalité de l’UMP, un parti de 300 000 membres, comparé au PS ou au FN, beaucoup plus petits.

Parler des militants enchantait aux gaullistes, qui ont toujours aimé la souveraineté populaire.

Parler des militants plaisait aux libéraux, qui se méfient instinctivement des grands ensembles jacobins.

Parler des militants, ce peuple en armes qui avait combattu pour la réélection de Nicolas Sarkozy, permettait enfin de ne pas parler de l’autre absent, ce chef charismatique qui nous avait quittés.

La conclusion de l’exercice est relativement désolant : les militants se sont finalement, un peu comme les élus nationaux, répartis équitablement entre les deux candidats. Nous aurions eu quasiment le même résultat si on avait tiré au sort chaque vote.

La morale de cette histoire, c’est que nous avons oublié notre ADN :  le militant vient généralement du RPR : le RPR, ce n’était pas un parti de militants, c’était d’abord le parti d’un chef. De Gaulle, Pompidou, Chirac… C’est le chef qui crée et modèle le parti. Il y avait deux chefs, et le message que la base a renvoyé était finalement que l’un et l’autre lui allaient, et que l’important était l’unité du parti. Catastrophiquement, la hiérarchie parisienne a répondu à l’inverse du message « militant » en tuant l’unité au profit du choix du chef.

Voilà pourquoi faire revoter dans les mêmes conditions (2 candidats) risque de produire le même résultat : être chef, dans la tradition politique de Droite, ne se voit pas tant dans les urnes que dans un certain comportement. La base, à mon avis, votera avec ses pieds : elle boudera les urnes car elle voudra marquer sa désapprobation à l’égard de la tragi-comédie des derniers jours.

Voilà pourquoi, éventuellement, un référendum, s’il est assumé par le nouveau président de l’UMP, permettra de mieux correspondre à notre tradition partisane. Assumer, selon moi, c’est mettre en balance sa responsabilité à l’égard du mouvement qu’il dirige.

Le scrutin a tranché, par trois fois. Nous avons un président : l’histoire nous dira si j’ai vu juste, et que Jean-François Copé sera plus qu’un président, un chef.

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