Ils ont tué Cabu !

Ils ont tué Cabu !

Un siècle après Jaurès, la violence a baillonné en France la liberté de penser.

Aujourd’hui, la République a perdu son innocence avec le massacre planifié de la rédaction d’un journal, et ce en pleine patrie des Droits de l’Homme.

Parmi eux, Cabu, dessinateur sympathique, père de la grande duduche et des beaufs, qui pour ma génération resterar à tout jamais l’adorable acolyte de Dorothée. Comment peut-on assassiner un doux-rêveur ? Dans quel monde vivons-nous, et surtout dans quel monde voulons nous vivre ?

Je n’ai jamais aimé Charlie Hebdo, journal qui incarnait l’inverse de mes opinions, mais ce soir son extermination laisse un trou irremplaçable. Ce n’est pas seulement un attentat : c’est un assassinat politique, un défi à la liberté de penser. Ces dessinateurs sont morts pour leurs idées.

Cette liberté qu’on veut étouffer, ce n’est pas seulement celle des journalistes. C’est la mienne, c’est la vôtre.

Charlie Hebdo était plus qu’un journal : c’était une institution soixantuitarde, un groupe de “sales gosses” restés fidèles à leurs idéaux de jeunesse : “il est interdit d’interdire”.
Tragiquement, ils auront perdu la vie en même temps que ces forces de l’ordre qu’ils affrontaient dans leur jeunesse et qui ont donné leur vie pour leur mission.

N’oublions pas ces policiers, eux aussi assassinés pour ce qu’ils représentaient : La République.

Ces fanatiques ont montré, en exécutant dans le même mouvement les contestataires et les représentants de l’ordre qu’ils représentent un Ennemi total, un adversaire résolu de la République et de notre civilisation.

Cabu, les “beaufs” ont gagné une manche mais ils n’ont pas gagné la guerre.